Dimanche 25 février 2018

Métamorphoses et anamorphoses de Markus Raetz

L'ŒIL

Le 18 décembre 2007

Depuis plusieurs décennies, Markus Raetz réalise des installations, des photographies, des films et des objets qui tous ont pour point commun d’interroger et de déstabiliser notre regard. Chacune de ses pièces, quels que soient les matériaux utilisés, contredit ce qu’elle semble être. Ainsi, un autoportrait se transforme, après étude, en texte dactylographique. Plus loin, un buste de Beuys se métamorphose en lièvre dès que l’on tourne autour. L’art de ce Suisse né en 1941 joue donc sur l’écart qui sépare la réalité de l’illusion. Métamorphoses, anamorphoses, figures cachées constituent quelques-uns des procédés qu’il affectionne particulièrement afin de mieux égarer et tromper le spectateur. En ce sens, Markus Raetz refuse la stabilité rassurante qui caractérise habituellement l’art. Ce système de double lecture lui permet d’affirmer que l’art se doit avant tout de déjouer les faux-semblants de notre monde, quitte à utiliser les subterfuges les plus subtils. C’est surtout avec la photographie que son activité trouve sa plus parfaite expression. En effet, la photographie est encore assimilée à un processus d’enregistrement technique qui capte la réalité. Avec ses Polaroid, ses Photomaton où apparaissent Elvis, Marilyn ou des pin up, Markus Raetz interroge notre perception face à des icônes de notre siècle. Selon l’angle de vue, l’image s’ouvre soudain sur d’autres représentations, moins rassurantes. La cohérence de ce qui est présenté se lézarde, le monde qui apparaît devient trouble et le spectateur ne sait ce qu’il lui faut véritablement regarder. L’exposition, intitulée « Nothing is ligher than light », à la Maison européenne de la photographie se présente donc comme un vaste labyrinthe où, petit à petit, tous nos repères s’effacent devant l’ambiguïté des figures représentées.

PARIS, Maison européenne de la photographie, 5-7, rue de Fourcy, IVe, tél. 01 44 78 75 00, 13 décembre-23 février.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°544 du 1 février 2003, avec le titre suivant : Métamorphoses et anamorphoses de Markus Raetz

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