Lundi 16 septembre 2019

Musée d’art Roger-Quilliot, Clermont-Ferrand

Mark Brusse - Électron libre

Jusqu’au 15 mai 2011

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 17 février 2011 - 408 mots

En 1996, les Clermontois découvraient une sculpture publique massive réalisée en bronze et en pierre volcanique de Volvic.

Rassemblant sept crapauds trapus sur un promontoire face à un volcan et une masse tellurique, Dans la mémoire des crapauds est signée de l’artiste néerlandais Mark Brusse [lire portrait dans L’œil n° 625]. Pendant treize ans, les batraciens restèrent en place avant d’être relogés cet hiver dans le jardin Lecoq. Brusse avait choisi cet animal parce qu’il semblait aussi archaïque que la structure des pierres volcaniques qu’on retrouve un peu partout dans les bâtiments alentours.
Fasciné par les matières et les mythes, cet artiste a une production prolifique et éclectique à laquelle le musée d’art Roger-Quilliot fait aujourd’hui écho en revenant sur la genèse de ce monument connu des Clermontois. L’an dernier, c’était le LAAC de Dunkerque et le musée du Dessin et de l’Estampe de Gravelines qui s’étaient accordés pour présenter une rétrospective des travaux de Brusse depuis 1962. Le musée de Clermont-Ferrand réserve lui aussi quelques pièces historiques, mais son parcours est résolument axé sur les dernières années d’activité de cet artiste installé à Paris depuis presque cinquante ans. 
Ainsi l’exposition revient assez peu sur les années où Brusse développa une amitié avec Robert Filliou, Daniel Spoerri et surtout Pierre Restany. Il résida aussi à Berlin, New York, en côtoya les avant-gardes sans jamais appartenir à aucune d’elles. Trop libre, Mark Brusse ne goûtait pas ces chapelles. 
Depuis 1983 et un voyage en Asie, l’artiste polymorphe a intégré le papier Hanji, la mythologie et l’iconographie coréenne et japonaise à sa pratique. Une large place est faite à ses collages et ses œuvres sur papier comme Bonjour Monsieur Gauguin, Un certain regard et la série des Los Milagros découverte à la galerie Louis Carré à Paris en 2008. En 2010, le marchand avait exposé des assemblages avec des chaises et d’autres collages présents aussi à Clermont-Ferrand. Et Mark Brusse ne s’arrête pas là, prolongeant avec effervescence ses expérimentations jusqu’à Murano où il a fait réaliser certaines des sculptures de verre présentes ici. En quatre-vingts pièces, l’artiste dit ainsi beaucoup de son monde : « J’aime suivre simplement mon intuition. C’est encore le meilleur moyen de s’approcher de la vérité… Mais je laisse le soin à chacun de faire sa propre interprétation. »

« Mark Brusse, In Out »,

musée d’art Roger-Quilliot, quartier historique de Montferrand, place Louis-Deteix, Clermont-Ferrand , tél. 04 73 16 11 30. jusqu’au 15 mai 2011.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°633 du 1 mars 2011, avec le titre suivant : Mark Brusse - Électron libre

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