Mercredi 20 janvier 2021

Cannes (06)

Magnelli, rétrospective

La Malmaison jusqu’au 25 octobre 2015

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 23 septembre 2015 - 304 mots

En puisant deux cents œuvres dans l’immense collection Sapone, Frédéric Ballester, directeur de la Malmaison, réalise la première rétrospective d’Alberto Magnelli depuis presque cinquante ans.

On l’a peut-être oublié mais ce peintre autodidacte florentin s’est inscrit en précurseur dès 1915 dans le courant abstrait européen et fut, dès 1935, l’une des personnalités les plus influentes de l’École de Paris. Sa formation artistique se fait dans sa ville natale où il commence à peindre durant l’année 1907. À Paris, en 1914, il fréquente l’avant-garde  artistique : Boccioni, Carrà, Picasso, Matisse. Durant cette période, ses natures mortes aux larges aplats colorés renvoient aux recherches du dernier, mais s’en dégagent par un certain dépouillement. 1

915 marque une avancée majeure dans ses travaux : il peint des tableaux abstraits simplement intitulés Peinture. Entre abstraction et figuration, suivent les Explosions lyriques de 1918, dont les puissantes lignes de force et le vocabulaire fragmenté évoquent le futurisme d’un Boccioni. Puis, de 1920 à 1931, il revient à la figuration pure dans un style imaginant des paysages architecturés, des personnages simplifiés par un trait incisif et déjà géométrique. L’exposition fait la part belle à cette période par de nombreux dessins et tableaux, dont Femme allongée à l’arbre qui préfigure l’importante série des « Pierres  » (1932-1934) aux plans fragmentés qui constituent les fondements de son abstraction.

Une abstraction géométrique aux couleurs puissantes à travers laquelle il exploitera, dès 1935,  toutes sortes de techniques : eaux fortes, bois gravés, sérigraphies, lithographies, linogravures, dont l’exposition présente quelques beaux spécimens, notamment cette rare série de dix lithographies réalisées avec Arp, Sophie Taueber-Arp et Sonia Delaunay  pour les Nourritures terrestres, ainsi que des collages superbement inventifs. Ce mouvement pendulaire effectué par l’artiste jusqu’en 1931 laisse deviner le cheminement complexe qui l’a conduit à ce langage pictural singulier, celui où selon ses propos « tout est abstrait, tout est réel ».

« Alberto Magnelli, la Méditerranée retrouvée »

Centre d’art la Malmaison, 47, bd de la Croisette, Cannes (06), tél. 04 97 06 44 90.

Légende Photo :
Alberto Magnelli, Composition, Paris, 1934, huile sur toile, 57 x 46,8 cm.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°683 du 1 octobre 2015, avec le titre suivant : Magnelli, rétrospective

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