Jeudi 13 décembre 2018

Lyon à l’heure de la Biennale

Quelques belles expositions aux images animées

Le Journal des Arts

Le 1 février 1996 - 471 mots

Alors que la Biennale d’art contemporain accapare l’attention, plusieurs centres d’art et un collectif d’artistes prolongent ce panorama sur l’image mobile, ou au contraire s’en démarquent.

VILLEFRANCHE (de notre correspondant) - "Les enfants des Lumière" invités par Brigitte Laurençon à l’Espace arts plastiques de Villefranche sont cinq jeunes artistes fraîchement émoulus des Beaux-arts. Malgré un budget minimum, le résultat est remarquable. Cécile Dupaquier a fabriqué un travelling mobile pour quelques séquences en super 8 qui rappellent le premier film des frères Lumière. Jouant avec l’imagerie des lanternes magiques, Fabrice Cavaillé démythifie avec poésie l’image fabriquée.
 
Pascale Marie, Françoise Jury et Sylvie Sépic sont plus proches du corps. La première propose un géant lumineux et imaginaire dont on ne voit que les pieds chatouillés par l’herbe fraîche du matin, la seconde, une femme prisonnière de son angoisse hurlant du fond d’un cylindre. Quant au travail de Sylvie Sépic, il aborde ouvertement le corps et la sexualité avec un saint Sébastien onaniste, prisonnier d’un préservatif géant. Démiurge amusée, Sylvie Sépic fabrique une Constellation avec les fesses bandées d’un danseur Buto, souriant ainsi à la lune. Décontractée et frappant juste, l’exposition convainc aussi par la qualité de sa présentation.

À Villeurbanne, Corinne Guerci fait la démonstration de la pertinence de ses choix dans ce qui sera probablement la dernière vraie exposition de l’artothèque (lire le JdA n° 20, décembre 1995). Elle a invité Susanne Stövhase et Sylvie Ungauer à produire un film sur la médiathèque villeurbannaise. Les deux artistes ont envisagé la visite comme une expédition au cœur de l’institution. Une démarche qui peut évoquer celle de Michel Foucault sur les lieux publics – enfermement et folie –, et dont le résultat est plastiquement très réussi, notamment les parcours notés sur papier calque. Portée par une même attention à l’enregistrement de la trace, Hélène Mugot installe ses rêveries lumineuses au Centre d’arts plastiques de Saint-Fons.

Contrepied
La Maison des expositions de Genas s’inscrit à contre-courant de ces images mobiles en choisissant d’exposer Étienne Pressager, un artiste qui pratique un dessin délicat, précis et non dénué d’humour. Comptable du dérisoire, il Accommode des restes de fruits ou recense en botaniste inquiet des Épines et pépins qui ne menacent ou ne tracassent personne.

Signalons enfin le collectif des artistes réunis sous la bannière Bac off, mais appuyés par la Ville de Lyon, qui propose un panorama d’œuvres produites par des artistes régionaux en rupture de ban avec l’institution et invite onze plasticiens belges.

Espace arts plastiques, Villefranche, jusqu’au 24 février, tél : 74 68 33 70
Maison du livre, Villeurbanne, jusqu’au 3 février, tél : 78 68 04 04
Centre d’arts plastiques, Saint-Fons, jusqu’au 2 mars, tél : 72 09 20 27
Maison des expositions, Genas, jusqu’au 17 février, tél : 78 90 13 05
Bac off, 51 quai Paul Sédaillan, Lyon-Vaise, jusqu’au 5 février, tél : 78 69 87 94

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°22 du 1 février 1996, avec le titre suivant : Lyon à l’heure de la Biennale

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