Saint-Paul-de-Vence (06)

L’universalité selon Penck

Fondation Maeght jusqu’au 18 juin 2017

Par Vincent Delaury · L'ŒIL

Le 13 avril 2017 - 293 mots

Ralf Winkler, plus connu sous le nom d’A.R. Penck, est l’un des plus grands peintres allemands de la fin du XXe siècle avec Baselitz, Lüpertz et Polke, mais, alors qu’il a bénéficié en 2008 d’une rétrospective au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, il est, en France, moins connu qu’eux.

Aussi ce n’est que justice de voir la Fondation Maeght lui consacrer une importante exposition monographique avec plus de cent cinquante œuvres révélant la formidable poésie plastique de cet artiste « naviguant, comme le souligne le commissaire Olivier Kaeppelin, sur un fleuve de peinture, depuis les grottes de Lascaux et de Chauvet jusqu’aux murs des villes de Détroit, Bristol ou Saint-Denis ». Servie par un catalogue remarquable, cette manifestation, qui repose sur un circuit chronologique, choisit de mettre en lumière la force de son langage visuel à travers différents médiums : peinture, dessin et sculpture. Marqué par les années noires de son pays, Penck est avant tout préoccupé par la condition de l’homme. L’artiste l’a lui-même déclaré : la figure, en tant que représentation de l’image de l’être humain, lui est indispensable. Aussi, un personnage en forme de bâtons, fonctionnant tel un pictogramme affirmant l’humanité commune, revient sans cesse dans son travail cherchant à faire le lien entre les langues, les individus et les cultures. Ici, une pléiade de sculptures minimales et de peintures all over peuplées d’hommes préhistoriques, de signes élémentaires et de couleurs franches expriment à la fois les turbulences de l’humaine condition, mais également le dégagement d’énergie créative, dépensière et gratuite, de l’enfance.

À mi-parcours, un triptyque monumental rendant hommage dès 1984 à Basquiat confirme l’évidence : en combinant magistralement primitivisme, art rupestre et graffiti, le langage à résonance universelle de Penck mériterait d’être aussi connu, et célébré, que celui de Keith Haring.

« A.R. Penck, Rites de passage »

Fondation Maeght, 623, chemin des Gardettes, Saint-Paul-de-Vence (06), www.fondation-maeght.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°701 du 1 mai 2017, avec le titre suivant : L’universalité selon Penck

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