Vendredi 23 février 2018

L’un des sommets de la statuaire asiatique

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 23 septembre 2009

Ils ont été découverts par hasard lors des travaux de terrassements dans la ville de Qingzhou (au sud de Pékin), ces bouddhas sont actuellement exposés au musée Cernuschi.

Ils ont été découverts par hasard lors des travaux de terrassements dans la ville de Qingzhou (au sud de Pékin), ces bouddhas sont actuellement exposés au musée Cernuschi. C’était en 1996. Dans une fosse de soixante mètres carrés, des centaines de fragments de grandes statues bouddhiques étaient soigneusement rangées. Les visages en relatif bon état ne laissaient supposer aucun acte de vandalisme. Il se pourrait qu’à la suite de tremblements de terre ou d’incendies les statues aient été accidentellement brisées et leurs restes respectueusement enfouis dans l’enceinte d’un ancien temple. Après restauration, on constate que ces statues datent du vie siècle, apogée de la statuaire bouddhique en Chine. Le bouddha y figure tantôt assis, tantôt debout. D’autres statues représentent des bodhisattvas, ces « êtres promis à l’éveil » qui demeurent librement sur terre par pitié pour l’humanité. À la différence du bouddha, ils apparaissent largement parés de bijoux. Les triades sont composées d’un bouddha entre deux bodhisattvas. Cette période d’apogée de la statuaire chinoise fait suite à trois siècles d’un chaos indescriptible, du iiie au vie siècle. Effondrement politique, famine, anarchie. Les dynasties se succèdent, les dirigeants font face à de sanglantes révoltes. Mais progressivement, à partir de 535, l’ordre se rétablit. On assiste à un foisonnement artistique. Les artistes se mettent à sculpter des bouddhas debout d’une grande élégance dont le corps mince à la musculature délicate transparaît sous des drapés subtils parfois rehaussés de polychromie. Les yeux sont fermés sur une vie spirituelle intense. Le personnage rayonne de paix intérieure. En moins d’un siècle, la Chine a retrouvé son unité, son ancienne grandeur et les sculpteurs sont parvenus à ce que de nombreux spécialistes considèrent comme « l’un des sommets de la statuaire asiatique ».

« Les bouddhas du Shandong », musée Cernuschi, 7, avenue Vélasquez, Paris VIIIe, tél. 01 53 96 21 50, jusqu’au 3 janvier 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°617 du 1 octobre 2009, avec le titre suivant : L’un des sommets de la statuaire asiatique

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