Oise

L’orientalisme selon Delacroix

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 29 octobre 2012 - 421 mots

Le château de Chantilly inaugure son Jeu de paume rénové avec Delacroix et les prémices de l’orientalisme.

CHANTILLY - L’année 2012 marque un tournant important dans l’histoire de la collection du Musée Condé. Assignées à résidence conformément à la volonté d’Henri d’Orléans duc d’Aumale, les œuvres pourront désormais s’échapper de l’enceinte du château de Chantilly, ce dans le cadre d’une liberté surveillée, et pour parcourir une centaine de mètres à peine. Grâce à l’action de la Fondation pour la sauvegarde et le développement du domaine de Chantilly, faisant face au château, la salle du Jeu de paume a été intégralement réaménagée et se tient aujourd’hui à disposition des expositions temporaires, mais aussi d’autres manifestations (culturelles ou pas) et autres événements privés. C’est non sans émotion que Nicole Garnier, conservateur général des lieux a invité Eugène Delacroix et ses comparses à essuyer les plâtres.

La collection du Musée Condé est particulièrement riche en œuvres orientalistes, aussi était-il naturel d’inaugurer ce cycle en abordant les prémices de ce genre pictural à travers la figure de Delacroix, dont l’un des albums de voyage au Maroc en 1832 est l’une des pièces-phares de la collection d’Henri d’Orléans.

Rappelons par ailleurs qu’âgé de dix-huit ans à peine, le duc s’est engagé avec les troupes françaises en Algérie, et deux ans plus tard, s’illustrait dans la prise de la smala d’Abd El-Kader. Fait rare, le partenariat avec le Musée du Louvre a permis au musée cantilien d’emprunter une cinquantaine d’œuvres dans les collections publiques en France et au Luxembourg, assurant ainsi un accrochage d’une grande densité.

Dans une ambiance intime éclairée avec soin, le parcours réussit le rendez-vous avec les perles de la collection (l’étude pour Les Pestiférés de Jaffa d’Antoine-Jean Gros ; La Chasse auHéron (Algérie) d’Eugène Fromentin…) et lève le voile sur des maîtres moins connus (Alexandre-Gabriel Decamps, Prosper Marilhat…). Suivant un fil chronologique, l’exposition fait le tri entre Orient de pacotille, souvenirs de voyages soucieux d’exactitude, et images de propagande avec Delacroix pour figure tutélaire, lequel se démarque par la passion qu’il nourrissait pour le sujet dans ses aspects les plus intimes. Les (re)découvertes sont nombreuses, à la faveur d’une campagne de restauration de l’ensemble des tableaux de Chantilly.

DELACROIX ET L’AUBE DE L’ORIENTALISME

Jusqu’au 7 janvier 2013, salle du Jeu de paume, Domaine de Chantilly, 60 500 Chantilly, tél. 03 44 27 31 80, www.domainedechantilly.com, tlj sauf mardi 10 h 30-17h. Catalogue, coédité par Somogy et la Fondation pour la sauvegarde et le développement du domaine de Chantilly, 176 p., 167 ill., 29 €

Voir la fiche de l'exposition : Delacroix et l’aube de l’Orientalisme

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°378 du 2 novembre 2012, avec le titre suivant : L’orientalisme selon Delacroix

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