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L’œil de Napoléon III

L'ŒIL

Le 3 mars 2008

Si Dominique Vivant Denon fut « l’œil » de Napoléon Ier, le comte de Nieuwerkerke (1811-1892) fut celui de Napoléon III. Sur le modèle du Louvre, le château de Compiègne revient sur l’action de cette personnalité controversée, véritable instigateur de la politique artistique du Second Empire. Mélange d’aristocrate et d’artiste (il se pique d’être sculpteur), collectionneur, il était enfin et surtout courtisan, appuyé par la princesse Mathilde qui devient son épouse. Il doit à cette dernière sa rapide ascension sociale : il est nommé Directeur général des Musées nationaux dès 1849. Avec lui, le Second Empire recompose pour une dernière fois le schéma de l’autorité directe du souverain sur les arts, regroupés dans un ministère de la Maison de l’Empereur, dont il devient le Surintendant en 1863. Au titre de ses succès : l’inauguration du Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, l’ouverture d’une quarantaine de salles au Louvre, l’acquisition des collections Campana et Sauvageot... Moins glorieuse fut sa gestion des Salons. En 1863, il se verra imposer par l’Empereur, sous la pression des artistes, le fameux Salon des Refusés. Parallèlement à son action politique, il orchestre avec brio la restitution de la vie de cour. Quel meilleur cadre pour cette exposition que le Musée de Compiègne, où le comte aimait recevoir pour quelques parties de chasse automnales, s’achevant en soirées mondaines avec charades mimées et tableaux vivants à la clé. 150 œuvres et documents restituent cet art de vivre raffiné et une action qui imprima d’une marque durable la politique culturelle française.

COMPIÈGNE, Musée national du Château, 6 octobre-8 janvier, cat. éd. RMN, 192 p., 180 F.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°520 du 1 octobre 2000, avec le titre suivant : L’œil de Napoléon III

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