Lire Van Gogh autrement

Des œuvres du monde entier réunies à Martigny

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 30 juin 2000

Bravant les obstacles du prêt, la Fondation Pierre Gianadda (Martigny) a réussi à regrouper près d’une centaine de peintures et dessins parmi lesquels des œuvres rarement vues au cours des dernières décennies et deux inédits. Dans le déroulement de la brève carrière de Vincent (1880-1890), chaque changement de résidence correspond à une nouvelle étape dans son œuvre. L’accent est mis sur l’évolution de l’artiste, de la période hollandaise à la fin de sa vie passée à Auvers-sur-Oise.

MARTIGNY - En réunissant des œuvres jusque-là isolées, l’exposé permet une meilleur lisibilité de l’œuvre de Van Gogh, ponctuée par ses déménagements consécutifs. En février 1888, il se rend dans le Midi pour y trouver plus de lumière et de couleurs. La toile Pelouse ensoleillée : Jardin public de la Place Lamartine (1888) se devait de figurer aux côtés des trois dessins correspondants, tel Un coin de Jardin à Arles (crayon rouge, encre brune avec crayon, 1888). Pour la première fois, la toile des débuts en Arles (La Vue du Viaduc à Arles ou Le Train bleu, 1888), familière aux visiteurs du Musée Rodin, peut être vue à côté de son pendant, de dimensions égales (49 x 49 cm) et réalisé à la même période, Le Pont de Gleize près d’Arles. Autre rapprochement pertinent : le dessin préparatoire et la toile correspondante du motif Prairie avec sentier et saules (Arles, 1988). C’est aussi l’occasion d’observer les différences, dans le style et la topographie, des deux paysages de printemps en Arles, l’un de mai 1888, l’autre d’avril 1889. Pour les années parisiennes (1886-1888), la Fondation a sélectionné des petites séries d’œuvres. Les vues de la Seine ont été choisies pour composer une sorte de frise, allant du pont Bineau, sur l’île de la Grande-Jatte, au pont de Clichy.

De nombreux prêts
La dernière rétrospective sur Van Gogh en Suisse avait eu lieu à Berne, en 1973. Pour renouer avec le genre, la Fondation Pierre Gianadda a obtenu des prêts de toiles rarement montrées comme les deux natures mortes peintes à Nuenen à l’automne 1885, ainsi que les Canots amarrés (Paris-1887) et les Abricotiers en fleur (Arles-1888). C’est aussi l’occasion de découvrir deux œuvres n’ayant jamais figuré dans une exposition sur le peintre : une Tête de paysanne avec coiffe blanche (Nuenen, décembre 1884) et un dessin hollandais des débuts de l’artiste, en provenance de Liège. L’Arlésienne (1890) et Une route à Saint-Rémy (1889) provenant respectivement des musées de São Paulo (Brésil) et de Kasama Nichido (Japon), comptent parmi les prêts les plus étonnants.

- VINCENT VAN GOGH (1853-1890), jusqu’au 26 novembre, Fondation Pierre Gianadda – 1920 Martigny, Suisse, tél. 41 27 722 39 78, tlj, 9h-19h. Catalogue, 300 p., 45 francs suisses (188 F).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°108 du 30 juin 2000, avec le titre suivant : Lire Van Gogh autrement

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