Lundi 17 décembre 2018

Saint-Germain-en-Laye (78)

L’homme qui a vu l’ours préhistorique

Musée d’archéologie nationale jusqu’au 30 janvier 2017

Par Marie Zawisza · L'ŒIL

Le 13 décembre 2016 - 339 mots

Un corps massif et trapu, deux petites oreilles rondes, un profil découpé : c’est à ces quelques éléments qu’on identifie les ours dans les représentations paléolithiques.

Car, à parcourir l’exposition dont ils sont les vedettes au Musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, on s’aperçoit que les repérer n’est pas toujours chose aisée. Et pour cause : si les chasseurs-cueilleurs ont laissé des représentations d’ours parfois spectaculaires sur les parois des grottes, ils ont aussi bien souvent représenté ces derniers, de façon très discrète et subtile, sur de petits objets (statuettes en os ou en bois de renne, plaquettes gravées…). Mais pas question de laisser le visiteur passer son chemin sans rien voir : l’exposition « L’ours dans l’art préhistorique » a pour but de mettre à portée du public familial l’art paléolithique. Nous voici presque à jouer les Sherlock Holmes pour retrouver les traces de ces animaux. Pour aider petits et grands à apprivoiser la richesse de l’univers des ursidés durant le paléolithique supérieur, entre 38 000 et 11 000 av. J.-C., le parcours est didactique et thématique. Il permet d’appréhender avec facilité l’évolution de l’ours et sa répartition géographique, l’utilisation de l’animal par l’homme – il a été chassé pour sa fourrure, ses canines, sa chair –, ou encore les mythes anciens et modernes qui l’entourent. Face aux objets les plus ardus à interpréter, des dispositifs multimédias permettent de repérer tracés et volumes grâce à des numérisations 3D, pour ceux qui n’auraient toutefois pas téléchargé sur leur smartphone l’application accompagnant la visite. On apprend en s’amusant. Mais, surtout, on se laisse émouvoir par ce qui était déjà de l’art : ici, un ours gravé dans un os semble nous sourire ; plus loin, un autre, esquissé sur un bois de renne, crache du sang avant de mourir de sa blessure, tandis qu’ailleurs, des oursons assis en train de jouer, sculptés en ronde-bosse, arborent les formes arrondies d’une peluche... De quoi donner envie de prolonger la visite dans les collections permanentes du Musée d’archéologie, l’un des plus importants d’Europe !

« L’ours dans l’art préhistorique »

Musée d’archéologie nationale, domaine national de Saint-Germain-en-Laye, Château, place Charles-de-Gaulle, Saint-Germain-en-Laye (78), musee-archeologienationale.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°697 du 1 janvier 2017, avec le titre suivant : L’homme qui a vu l’ours préhistorique

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