Mercredi 12 décembre 2018

Les variations Hammershøi

Orsay dévoile soixante-dix œuvres du peintre danois

Le Journal des Arts

Le 21 novembre 1997 - 310 mots

La réputation de Vilhelm Hammershøi, peintre de scènes d’intérieur, de portraits et de paysages, établie depuis longtemps en Scandinavie, atteint aujourd’hui les rives de la Seine. Après Munch, Whistler et Menzel, le Musée d’Orsay poursuit sa politique d’ouverture aux peintures étrangères, palliant ainsi les lacunes de ses collections.

PARIS. Les collections publiques françaises ne conservent qu’une seule toile du peintre danois, acquise récemment, près de quatre-vingts ans après sa mort. L’œuvre d’Hammershøi est doublement méconnue puisque ses toiles ont rarement franchi les frontières de la Scandinavie. Pourtant, en son temps, il avait fasciné le poète allemand Rainer Maria Rilke, séduit par la présence matérielle des objets dans cette peinture. Dépouillement, solitude, méditation, prégnance du réel : ces quelques caractéristiques d’Ham­mershøi évoquent naturellement l’œuvre de Vermeer. Un tableau comme Intérieur avec piano et femme (1901) dessine bien une filiation directe entre les deux artistes, mais les coloris brillants du Hollandais sont absents chez le Danois, qui privilégie au contraire une palette presque monochrome de tons bruns, gris et blancs, rarement relevée d’une tache bleue ou rouge. Une atmosphère de mystère imprègne ses scènes d’intérieur, une tension se devine dans ces espaces vides où la présence humaine semble résiduelle. Hammershøi a constamment travaillé sur les mêmes motifs, souvent choisis dans son environnement domestique. Les commissaires ont donc articulé le parcours de l’exposition autour de thèmes récurrents plutôt qu’en fonction de la chronologie, afin de mieux percevoir les subtiles variations de sa création.

L’UNIVERS POÉTIQUE DE VILHELM HAMMERSHØI (1864-1916), jusqu’au 1er mars, Musée d’Orsay, 1 rue de Bellechasse, 75007 Paris, tél. 01 40 49 48 79, tlj sauf lundi 10h-18h, jeudi 10h-21h45, dimanche 9h-18h. Catalogue édité par la RMN, 192 p., env. 290 F. À l’auditorium du musée, festival cinéma : intégrale Carl Dreyer (1889-1968), du 12 février au 1er mars ; conférences : “Hammershøi, du symbolisme au cinéma”?, les samedis à 11h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°48 du 21 novembre 1997, avec le titre suivant : Les variations Hammershøi

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