Mardi 18 décembre 2018

Antquités

Les trésors de verre de Pompéi

Par Emilie Oursel · Le Journal des Arts

Le 17 février 2006 - 449 mots

La Cité des sciences et de l’industrie de Paris revient sur l’art verrier dans l’Empire romain.

 PARIS - Au Ier siècle ap. J.-C., l’Empire romain prend conscience des fabuleuses propriétés du verre grâce à la découverte de la technique du soufflage importée du Moyen-Orient. S’ensuit une véritable explosion des verreries dans tout l’Empire – on recense plus de 100 millions de pièces produites annuellement au IIe siècle ap. J.-C. Stimulée par les exigences des riches commanditaires, Pompéi se démarqua par son goût du raffinement et des sciences. Le verre y prit peu à peu la valeur d’un métal au même titre que le bronze, l’argent ou l’or…
Issus des collections de l’Antiquarium de Pompéi, du Musée archéologique national de Naples et de la Galerie des Offices à Florence, les objets de verre et de bronze, les fresques et les bustes de pierre
réunis à la Cité des sciences et de l’industrie de Paris se répondent les uns les autres, formant un parcours riche et dynamique. Les vaisselles de la maison dite « des Quatre Styles » font écho à la nature morte d’une fresque provenant de la maison de Julia Felix ; tandis qu’une peinture de Narcisse côtoie les miroirs d’argent et d’obsidienne. Très répandus à l’époque, ces derniers rappellent le goût des Romains pour la beauté des corps.
Parmi les pièces d’exception, figure la réplique du célèbre vase bleu en verre camée, trouvé en 1834 dans une tombe de la voie des Sépulcres de Pompéi. Ce vase conserve encore aujourd’hui les secrets de sa technique, car il n’a jamais pu être reproduit dans sa perfection. Le verre suscita aussi de véritables prouesses techniques comme en témoigne cette véranda de la maison de l’Atrium à la Mosaïque à Herculanum, ou encore cette petite serre sur roulettes que les serviteurs de Tibère avaient construite pour cultiver le légume préféré de l’empereur, le concombre. En fin de parcours, le visiteur peut admirer les « modèles », des machines scientifiques destinées à expliquer le fonctionnement de l’univers. Le planétarium d’Archimède a été reconstitué ici d’après les descriptions de Cicéron au IIIe siècle av. J.-C. Malgré quelques incohérences chronologiques (certaines pièces remontent au Ve siècle av. J.-C.), on reste subjugué par l’avancée scientifique des Romains.
L’exposition relate aussi certaines légendes, comme l’anecdote du verre incassable rapportée par 
Pétrone au Ier siècle ap. J.-C.
César aurait ainsi fait trancher la tête d’un artisan qui prétendait avoir mis au point un verre aussi résistant et ductile que l’or…

LE VERRE DANS L’EMPIRE ROMAIN,

Jusqu’au 27 août, Cité des sciences et de l’industrie, 30, avenue Corentin-Cariou, 75019 Paris, tél. 01 40 05 80 00, tlj sauf lundi, 10h-18h, 10h-19h le dimanche. Catalogue, 359 p., 39 euros, ISBN 2-7118-5163-X.

Le verre dans l’Empire romain

- Conception et coordination scientifique : Marco Beretta et Giovanni Di Pasquale, de l’Institut et Musée d’histoire de la science de Florence - Commissariat pour la Cité des sciences et de l’industrie : Blandine Savrda - Nombre de salles : 4

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°231 du 17 février 2006, avec le titre suivant : Les trésors de verre de Pompéi

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