Les trésors de la route de la soie

L'ŒIL

Le 1 septembre 2004

Longue de plus de dix mille kilomètres, reliant la Chine au monde occidental depuis la dynastie Han (206 av. J.-C.-220 ap. J.-C.) jusqu’au xive siècle, la route de la soie fait l’objet d’une exposition pointue au musée des Arts asiatiques de Nice. Sculptures en terre créées en plein désert, bannières et objets votifs sont autant d’émouvants témoignages d’une aventure commerciale mais aussi humaine et spirituelle avec la diffusion progressive du bouddhisme. L’exposition présente une dizaine d’œuvres originales jamais sorties de Chine et exceptionnellement prêtées par l’Institut de recherche de Dunhuang, ainsi que des pièces d’art bouddhique provenant du musée Guimet – terres cuites de la dynastie Tang, âge d’or de la route de la soie, ex-voto, reliquaires… –, et des copies de peintures retrouvées dans les grottes de Dunhuang. Après une introduction évoquant les caravanes, le visiteur est accueilli par un Bodhisattva debout en torchis polychrome de la dynastie des Wei du Nord (386-534), provenant de l’Institut de recherche de Dunhuang. Autres pièces majeures du parcours, L’Assaut de Mâra (xe siècle), une peinture sur soie unique, chef-d’œuvre de la peinture bouddhique qui a gardé l’éclat du rouge et du doré, mais aussi une série de petites sculptures en torchis provenant des grottes de Mogao (dites « des mille bouddhas »), étonnantes par leur force expressive et la finesse de leur exécution. Cette exposition, installée au sous-sol, est à l’image du musée qui l’abrite et du parti pris de sa conservatrice Marie Foissy : montrer peu d’œuvres, mais de grande qualité et emblématiques d’un sujet, d’une civilisation ou d’une période. Rappelons que ce musée, ouvert en 1998, a une histoire peu commune, puisqu’il n’a, au départ, aucune collection : un lieu vide, minimaliste et symbolique conçu par l’architecte japonais Kenzo Tange, destiné à devenir un musée des Arts asiatiques. Aujourd’hui, dons, dépôts – du musée de l’Homme, du musée Guimet, du musée des Arts décoratifs – et acquisitions (rendues possibles par le Conseil général) constituent un ensemble d’une cohérence exemplaire. En quelques œuvres seulement – cinq, six selon les pays –, les caractéristiques essentielles de l’art de la Chine, de l’Inde, de l’Asie du Sud-Est ou du Japon sont subtilement mises en lumière.

« Chine, chefs-d’œuvre du désert. L’art bouddhique de Dunhuang et la route de la soie : sauvetage d’un patrimoine », Nice (06), musée des Arts asiatiques, 405 promenade des Anglais, tél. 04 92 29 37 00, 18 juin-4 octobre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°561 du 1 septembre 2004, avec le titre suivant : Les trésors de la route de la soie

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