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Les spatules de Milne Bay

L'ŒIL

Le 14 mars 2008

La Nouvelle-Guinée est un pays étrange et mystérieux composé de centaines de communautés et d’ethnies aux coutumes et aux objets rituels fort différents les uns des autres. Parmi celles-ci, les Massim, que l’on rencontre dans la province de Milne Bay, sont surtout célèbres pour leurs spatules à chaux. Loin de l’austère beauté des œuvres africaines, les spatules Massim attestent d’une sensualité directement issue de l’étroite symbiose que ces peuplades entretiennent avec la nature. L’instrument tient à la fois de la cuillère et de l’objet de prestige par son décor sculpté et la symbolique qu’il évoque. Initialement, il servait à la mastication du bétel qui, mélangé avec des noix d’arec et de la chaux provenant de corail brûlé, réduisait la faim tout en produisant une forte sensation de bien-être. Les manches peuvent tour à tour évoquer des animaux, des plantes ou bien figurer d’une manière stylisée des canoës, des pagaies. Souvent réalisés en os de casoar, en ébène ou en écaille de tortue, ces objets seraient totalement tombés dans l’oubli si les Européens ne les avaient collectionnés avec passion. L’actuelle présentation comprend donc un nombre important de spatules directement arrivées en Occident au début de ce siècle. De ce fait, nombre de motifs attestent encore d’un style assez unique puisque non contaminé par les exigences des colonisateurs. Cette exposition unique célèbre avec bonheur le vingtième anniversaire d’une galerie depuis longtemps engagée dans la défense de l’art primitif.

PARIS, galerie Meyer, jusqu’au 15 juillet.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°517 du 1 juin 2000, avec le titre suivant : Les spatules de Milne Bay

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