Art moderne

Les rescapés de Wuppertal

Le Musée Marmottan-Monet présente une sélection des plus belles œuvres du Musée Von der Heydt

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 5 janvier 2010 - 397 mots

PARIS - C’est en échange d’une sélection parmi les chefs-d’œuvre du Musée Von der Heydt à Wuppertal, en Allemagne, que son directeur, Gerhard Finckh, est parvenu à obtenir le prêt pour son actuelle exposition « Monet » (jusqu’au 28 février) de quelques pépites signées du chef de file de l’impressionnisme.

Concédé par Jacques Taddei, directeur du Musée Marmottan-Monet, à Paris, très attaché à sa collection, cet échange de bons procédés donne lieu à une présentation pour le moins laborieuse des chefs-d’œuvre du Von der Heydt. « La sélection s’étend de Munch, Nolde, des fauves français Dufy, Braque, Vlaminck et Van Dongen, des artistes de Die Brücke et du Blaue Reiter, aux représentants de l’expressionnisme autrichien comme Kokoschka et Oppenheimer, et jusqu’aux principaux protagonistes de la Nouvelle Objectivité, Beckmann, Otto Dix et George Grosz ». Le tout en une cinquantaine d’œuvres.

Si la transformation des salles situées en sous-sol du Musée Marmottan en espaces d’exposition temporaire améliore son confort de visite, l’accrochage n’est pas à la hauteur des œuvres réunies, qui sont parfois de qualité exceptionnelle. Le parcours, qui entend révéler « des parallèles mais aussi des différences dans les conceptions des expressionnistes allemands et des fauves français », n’est nullement explicite à ce sujet… Seuls les portraits tirent leur épingle du jeu, avec un mur rassemblant trois exemples signés Kokoschka et un autre de la main d’Oppenheimer. Surtout, la petite salle consacrée aux arts graphiques renferme de superbes portraits lithographiés de Heckel, de Dix ou encore de Pechstein. Le reste de l’accrochage fait penser à un best of jeté en pâture aux visiteurs, lesquels ne disposent d’aucune indication pour rendre lisible le propos. Certains rapprochements auraient pourtant été opportuns, ainsi de À la beauté d’Otto Dix (le chef-d’œuvre de l’exposition) et Grand numéro de variétés avec magicien et danseuse de Max Beckmann, deux tableaux tonitruants, mais d’un style diamétralement opposé ; ou encore de Quatre baigneuses de Kirchner et Deux femmes de Schmidt-Rottluff. Quel dommage de voir réunies autant de perles, aussi importantes sur un plan stylistique qu’historique, sans pouvoir en tirer un réel enseignement. Souhaitons que l’arrivée toute récente de Raphaël Retel au poste d’attaché de conservation du musée (en remplacement de la conservatrice Marianne Delafond, partie il y a près d’un an) transparaisse sur la qualité muséographique des expositions à venir.

FAUVES ET EXPRESSIONNISTES
Nombre d’œuvres : 51 (39 tableaux et 12 œuvres sur papier)

FAUVES ET EXPRESSIONNISTES. DE VAN DONGEN À OTTO DIX. CHEFS-D’ŒUVRE DU MUSÉE VON DER HEYDT, jusqu’au 20 février, Musée Marmottan-Monet, 2, rue Louis-Boilly, 75016 Paris, tél. 01 44 96 50 33, www.marmottan.com, tlj sauf lundi 11h-18h, 11h-21h le mardi.
Catalogue, éd. Hazan, 176 p., 29 euros, ISBN

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°316 du 8 janvier 2010, avec le titre suivant : Les rescapés de Wuppertal

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