Les Malatesta, commandeurs des arts

À Rimini, une rétrospective présente la collection de cette famille de mécènes

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 30 mars 2001 - 389 mots

En 1900, place de l’Alma, à Paris, en marge de l’Exposition universelle, un pavillon accueillait l’ensemble de l’œuvre d’Auguste Rodin : des sculptures – essentiellement des plâtres, quelques bronzes et marbres –, mais aussi des dessins et photographies. Un siècle plus tard, le Musée du Luxembourg restitue l’événement, à travers une mise en scène soignée et une atmosphère lumineuse, conformément aux exigences passées de l’artiste.

RIMINI (de notre correspondante) - Autrefois quartier militaire et prison, le Castel Sismondo peut, après sa récente restauration, jouer son rôle de forteresse. Symbole du pouvoir des Malatesta, cet édifice, élevé entre 1437 et 1446, est le siège idéal de l’exposition “Le pouvoir, les arts, la guerre. La splendeur des Malatesta.” Seigneur de Rimini, Sigismond Pandolfo Malatesta (1417-1468) s’est particulièrement distingué par son talent militaire. Habilement inséré dans le jeu politique des forces du centre de l’Italie et de la vallée du Pô, il était aussi homme de lettres et promoteur des arts. À l’origine de l’aménagement du château de Rimini en demeure seigneuriale, le condottiere commanda également à Leon Battista Alberti la transformation de l’église franciscaine en sépulcre familial. L’avènement de Pie II Piccolomini et la guerre qu’il mena contre lui marquèrent le déclin définitif de sa seigneurie.

Accompagnée d’une série de manifestations, l’exposition du Castel Sismondo aborde les rapports entre les Malatesta et le monde artistique dans les territoires sous leur domination. Une série d’œuvres commandées par les Malatesta ou leur ayant appartenu – telle La Vierge à l’Enfant entourée d’anges, conservée au Louvre, d’Agostino Di Duccio, auteur des reliefs du temple Malatesta, le tableau votif de la famille de Pandolfo IV Malatesta par Domenico Girlandaio ou la Pietà de Giovanni Bellini provenant du Musée de Rimini – jalonne le parcours du château. Bibelots, mobilier, faïences provenant du Victoria and Albert Museum de Londres, monnaies et médailles de Pisanello aux effigies des membres de la dynastie, évoquent la vie de cette cour raffinée. À l’opposé de cette préciosité, des armatures, des casques, des armures de cheval, des armes de défense et de tournoi, ainsi que d’impressionnants instruments servant à lancer l’assaut et reconstruits selon les projets de l’époque, illustrent le thème de la guerre.

- Le pouvoir, les arts, la guerre. La splendeur des Malatesta, jusqu’au 15 juin, Castel Sismondo, Piazza Malatesta, Rimini, tél. 39 0541 29 192, tlj sauf lundi 9h-19h

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°124 du 30 mars 2001, avec le titre suivant : Les Malatesta, commandeurs des arts

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