Jeudi 12 décembre 2019

Paris 7e - Institut néerlandais

Les instantanés du peintre Breitner

Jusqu’au 22 janvier 2012

Par Christine Coste · L'ŒIL

Le 20 décembre 2011 - 358 mots

À l’instar de Pierre Bonnard, Auguste Rodin, Édouard Vuillard, Edgar Degas ou Maurice Denis, le peintre impressionniste néerlandais George Hendrik Breitner (1857-1923) s’est adonné à la photographie.

Mais en toute discrétion. Il fallut la découverte en 1961 de ses 2 850 négatifs et tirages pour le savoir. Car la photographie chez cet artiste entretient, contrairement à Degas ou à Vuillard, peu de liens avec sa peinture, les toiles peintes à partir de prises de vue sont rares. Si l’on ignore encore pourquoi il photographiait autant, on devine toutefois, en parcourant la soixantaine de tirages présentés à l’Institut néerlandais, le formidable outil de captation du réel que ce médium a entrouvert à cet homme attentif à ce qui l’entourait et en premier lieu à cette ville d’Amsterdam où il vécut la plus grande partie de sa vie.

Composée à partir des collections du Rijksmuseum d’Amsterdam et du RKD (l’Office national de la documentation de l’histoire de l’art), l’exposition s’y concentre d’ailleurs par thèmes. L’Amsterdam en pleine expansion économique, veinée de canaux ponctués de mâts de bateau, tranche avec les vieux quartiers du centre-ville aux demeures resserrées datant du XVIIe siècle comme les scènes de passants, images floues saisies sur le vif et prises à  profusion, avec les portraits intimes de sa femme. Breitner ne se concentre que sur ce qui l’intéresse : le vieux centre-ville, les travaux de construction, en particulier les puits de fondation, les canaux, les voiliers à quai et l’atmosphère paisible d’une ville dont il saisit les habitants dans leurs tâches quotidiennes ou déplacements au fil des rues et des ponts. Les bouleversements du port, la construction de nouveaux quartiers, bâtiments, voies ferrées ou canaux ne l’intéressent pas.

Sur les clichés, la neige couvre souvent les rues et les toits, les chevaux aussi sont nombreux, y compris dans les quelques images de Paris présentées. Mouvements flous, contre-plongées et contre-jours quant à eux dominent. Ils sont des motifs en soi qui renforcent la présence immuable de ce qui constitue l’âme d’une ville. Et bien au-delà de ce qui la bouleverse.

Voir « Breitner. Pionnier de la photographie de rue »

Institut néerlandais, 121, rue de Lille, Paris-7e, www.institutneerlandais.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°642 du 1 janvier 2012, avec le titre suivant : Les instantanés du peintre Breitner

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