Mardi 18 décembre 2018

Les "effets de neige" de Monet

Douze paysages de Norvège au Musée Rodin

Le Journal des Arts

Le 1 octobre 1995 - 403 mots

Le Musée Rodin accueille une petite exposition autour du voyage qu’effectua Monet en Norvège, durant l’hiver 1895. Douze toiles et vingt-trois dessins – accompagnés d’une quarantaine de photos – illustrent la maîtrise du peintre à saisir ses fameux \"effets de neige\".

PARIS - "Je ne suis pas trop mécontent de ce que je rapporte", écrivait Claude Monet en avril 1895, de retour de Norvège où il était allé rendre visite à son beau-fils Jacques Hoschedé. L’artiste avait en effet réussi à peindre pas moins de vingt-huit paysages enneigés, en l’espace de deux mois. "Ses voyages étaient toujours étroitement liés au travail", note Karin Hellandsjø, conservateur en chef du Musée national d’art contemporain d’Oslo et commissaire de l’exposition, pour qui "c’était peindre l’hiver norvégien qui tentait Monet par-dessus tout."

Douze de ces tableaux seulement, en provenance de diverses collections privées et publiques et présentés initialement au Rogaland Kunstmuseum de Stavanger, la capitale norvégienne du pétrole, constituent l’essentiel de l’exposition qui ouvrira ses portes au Musée Rodin à partir du 2 octobre. Ces paysages recouverts de neige ont tous été peints aux environs de Christiania (Oslo) et du village de Sandviken, tout proche.

La Montagne Sainte-Victoire de Monet
La silhouette imposante du Mont Kolsaas, représentée sur cinq des tableaux de l’exposition, "fut pour Monet ce que la montagne Sainte-Victoire représentait pour Cézanne", écrit Sylvie Patin, conservateur en chef au Musée d’Orsay, dans sa contribution au catalogue. Le Mont Kolsaas inspira en effet au peintre treize toiles – une "série" à rapprocher des Meules, des Cathédrales de Rouen ou des Vues de la Tamise –, qui sont autant de tentatives pour saisir "l’instantanéité" chère à l’artiste
.
Mais par-delà la recherche de ces "effets de neige", c’est peut-être dans la correspondance de Monet qu’il faut rechercher les raisons profondes de sa fascination pour la Norvège : "J’ai en train une vue de Sandviken qui ressemble à un village japonais, puis je fais aussi une montagne que l’on voit de partout ici et qui me fait songer au Fuji-Yama…" Ce goût passionné pour l’univers des estampes japonaises, dont Monet avait constitué une importante collection à Giverny, se retrouve également dans les vingt-trois dessins, prêtés par le Musée Marmottan, qui accompagnent l’exposition.

MONET EN NORVÈGE, Musée Rodin, du 2 octobre au 3 décembre, ouvert tous les jours sauf le lundi de 9h30 à 16h45, entrée 32 F. Catalogue en français, norvégien et anglais, Karin Hellandsjø, 215 pages, 230 F.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°18 du 1 octobre 1995, avec le titre suivant : Les "effets de neige" de Monet

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