Lundi 20 septembre 2021

Art contemporain

Sète (34)

Les délices de la déraison

Miam - Jusqu’au 9 janvier 2022

Par Marie Zawisza · L'ŒIL

Le 24 août 2021 - 342 mots

Il y a vingt ans, à Sète, naissait sur les quais le Musée international des arts modestes (Miam), de la rencontre de l’artiste Hervé di Rosa, un enfant du pays qu’on n’a plus besoin de présenter, et de Bernard Belluc, originaire quant à lui de Montpellier, collectionneur frénétique de petits objets du quotidien qu’il met en scène avec humour et poésie.

Ces deux-là voulaient changer le monde de l’art, rendre l’art contemporain accessible à chacun, et faire entrer au musée ce que leurs aînés, n’en jugeaient pas digne : arts populaires, musique punk, figurines publicitaires ou BD. C’est ce que rappellent les quatre vitrines de l’exposition « For Ever Miam » installées à l’entrée du musée. En forme de lettres (M, I, A et M), elles présentent des objets emblématiques de ce musée qui continue de détonner : un diable rouge en papier mâché, un monument en allumettes, des papiers de clémentine, des jouets Kinder ou des distributeurs de bonbons Pez. L’autre exposition anniversaire du Miam, « Psychédélices », n’est pas moins étonnante. Elle nous entraîne dans cet univers où la raison dépose les armes, où les substances psychédéliques, les transes, les états psychiques altérés lèvent le voile sur un monde affranchi de la pesanteur et des chaînes causales, héritier du surréalisme. Vous qui entrez ici, abandonnez toutes vos catégories. Les encres de Michaux dialoguent avec des dessins anonymes exhumés dans des brocantes ou les œuvres graphiques méconnues du poète Charles Duits, ami d’André Breton, tandis que la mythique Dreamachine– machine à rêve de l’artiste Brion Gysin et du scientifique Ian Sommerville, produisant des impulsions lumineuses qu’on regarde les yeux fermés – plonge le visiteur dans un univers de motifs colorés qui n’existent pas. Le Grand Livre du Miam, retraçant les vingt ans d’aventures et la quarantaine d’expositions du musée, célèbre également cet anniversaire, et un disque vinyle 45 tours de l’Hymne du Miam, composé, réalisé par Général Alcazar, Patrick Chenière et Pascal Comelade, est réédité pour l’occasion, avec une pochette créée par Hervé Di Rosa. On n’est décidément pas sérieux quand on a 20 ans.

« For Ever Miam » et « Psychédélices »,
Miam, 23, quai Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, Sète (34), miam.org

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°746 du 1 septembre 2021, avec le titre suivant : Les délices de la déraison

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