Mercredi 24 février 2021

Les Brèves : « Trésors d’horlogerie », Kahlo et Rivera ...

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 19 juin 1998 - 970 mots

Le Musée de Bibracte, attaché à la découverte de la civilisation celtique, explore jusqu’au 27 septembre l’art protohistorique en Hongrie au Ier millénaire avant notre ère. “À la frontière entre l’Est et l’Ouest” évoque la société de l’âge du Fer, dominée par des princes guerriers, à travers quelque 200 objets (armes, parures d’or, vaisselle de bronze et de céramique) venus de Hongrie. Point de contact entre l’Orient et l’Occident, en relation avec le monde méditerranéen, la Hongrie est soumise à de nombreuses influences, avant que l’expansion du monde celtique ne l’attire dans son orbite, à partir de la fin du Ve siècle av. J.-C.

“Trésors d’horlogerie” au Palais des Papes d’Avignon, jusqu’au 27 septembre, remonte le cours du temps vers le Moyen Âge et la Renaissance, époques où cet art connaît un développement sans précédent, aussi bien technique qu’esthétique. Cent trente pièces de petit et moyen format évoquent la nouvelle perception du temps qui se fait jour et la naissance d’une horlogerie de luxe, grâce au concours des orfèvres joailliers et émailleurs. Les princes d’Europe s’arrachent ces chefs-d’œuvre qui font appel à tout le répertoire ornemental de la Renaissance (grotesques, cariatides…), pour s’accorder aux matériaux les plus précieux. Les montres émaillées, copiant des tableaux célèbres, rencontrent également un grand succès.

Le Musée Maillol - Fondation Dina Vierny, à Paris (tél. 01 42 22 59 58), expose jusqu’au 30 septembre un ensemble exceptionnel d’œuvres de Frida Kahlo et Diego Rivera. Ce dernier a connu la célébrité grâce de nombreuses œuvres murales et monumentales. Il est représenté ici par des tableaux de chevalet centrés sur la vie quotidienne de ses compatriotes mexicains. Un même réalisme coloré se retrouve chez Frida Kahlo. Ses souffrances physiques, séquelles d’un grave accident de tramway en 1925, lui ont inspiré un grand nombre de toiles, notamment de perturbants autoportraits, et ses peintures autobiographiques reflètent des préoccupations féministes avant l’heure. L’exposition a été montrée à Martigny, à la Fondation Gianadda.

Le Musée de Picardie à Amiens présente jusqu’au 25 octobre, sous le titre “Couleurs d’Italie”, ses collections de peinture italienne et espagnole, des Primitifs au XVIIIe siècle. Parmi les 120 tableaux, se détache l’École napolitaine du XVIIe, bien représentée avec Ribera, Guarino ou Giordano, et vénitienne du XVIIIe, avec Guardi, Ricci…

Fautrier a fait en 1964 une importante donation au Musée d’Île-de-France à Sceaux, château situé à proximité de la maison de Châtenay-Malabry où il a résidé plus de vingt ans. Pour le centenaire de sa naissance, le Musée de Sceaux (jusqu’au 6 juillet, tél. 01 46 61 06 71) a rassemblé près de soixante-cinq pièces et documents évoquant les “Territoires” du peintre sur plus de quarante ans de création (1924-1964).

Membre du mouvement italien de la Trans-avant-garde, Enzo Cucchi a connu son heure de gloire au cours des années quatre-vingt. La Grande galerie du château de Chenonceau (tél. 02 47 23 90 07) accueille jusqu’au 2 novembre les peintures réalisées par l’artiste durant ces deux dernières années.

Formé en 1960, le Groupe de recherche d’art visuel (GRAV) a réuni Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, François Morellet, Francisco Sobrino, Joël Stein et Yvaral. Le Magasin de Grenoble (jusqu’au 6 septembre, tél. 04 76 21 24 22), d’ordinaire consacré à l’art le plus contemporain, propose de retrouver les œuvres optiques et cinétiques des artistes de ce groupe, dissout en 1968.

Japonais, Kiyoshi Hasegawa (1891-1980) a, en fait, passé la quasi-totalité de sa vie de graveur en France. Dès 1924, il s’attache particulèrement à la technique de la manière noire, abandonnée depuis longtemps, et met alors au point son propre procédé : il exécute au “berceau” une trame faite de deux nappes perpendiculaires de traits parallèles. Hasegawa poursuit d’autres recherches qui aboutiront à de remarquables natures mortes fortement symboliques, au fond noir velouté. La Fondation Taylor (1, rue La Bruyère 75009 Paris) lui rend hommage, du 25 juin au 18 juillet, en présentant la variété de son champ d’expression : eau-forte, pointe sèche et burin, dont il fut un virtuose. Elle lui consacre également un ouvrage, préparé par le petit-neveu de l’artiste, Yves Dodeman (144 p., 180 F).

Un César qui perd lentement, inexorablement, sa place au soleil, tel est le sujet de la photographie de Jean-Luc Moulène Disjonction : Sans titre (Caesar) Paris été 1995, présentée jusqu’au 22 juillet dans l’exposition “Jeux de genres, un choix d’acquisitions du Fonds municipal d’art contemporain de Paris” (Espace Électra, 6 rue Récamier, 75006 Paris, tél. 01 42 84 23 60). Centré sur ses dernières acquisitions, l’accrochage se veut thématique en jouant sur le tableau des genres. L’idée n’est pas neuve et ne fait qu’accentuer l’impression d’éclectisme d’un ensemble qui reste toujours convenu, mê­me si l’on sent parfois quelques fous désirs de s’encanailler. La Ville de Paris entend ici encourager les jeunes talents, et c’est on ne peut plus louable. Ces “portraits”, “natures mortes” et “paysages” devraient cependant continuer tristement leurs vies au-dessus du bureau d’un fonctionnaire ou d’un chargé de mission parisiens. Comme l’a si justement dit Jésus : “Rendons à César ce qui est à César”.   

L’Institut du monde arabe, à Paris, expose jusqu’au 30 août – dans le cadre de la saison africaine proposée par la Maison européenne de la photographie – six photographes d’Afrique du Nord. Au Maroc, Yto Barrada montre le rythme de la vie dans l’union et la séparation du visible. En Algérie, Laziz Hamani est retourné dans le village de ses ancêtres afin de rétablir le fil de la mémoire, et Nadia Benchallal scrute l’intimité familiale. En Égypte, Nabil Boutros s’est intéressé aux paysages, tandis que Lara Baladi nous révèle le monde intérieur des coptes. Enfin, Jellel Gasteli expose des images de Tunisie, son pays natal, auquel il a consacré son dernier livre (éditions Éric Koehler). Une exposition qui est, selon l’écrivain Nabil Naoum, “un voyage de découverte de l’appartenance et de l’identité, ou encore un voyage d’exil et de recherche des racines”.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°63 du 19 juin 1998, avec le titre suivant : Les Brèves : « Trésors d’horlogerie », Kahlo et Rivera ...

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