Samedi 24 février 2018

Les Brèves : National Portrait Gallery de Londres, Ellsworth Kelly, Alberto Giacometti...

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 12 novembre 2009

L’ai-je bien encadré ? Jusqu’au 9 février, la National Portrait Gallery de Londres propose une exposition sur l’art du cadre, intitulée "The art of the picture frame", dans laquelle sont analysés cinq siècles d’encadrement en Grande-Bretagne. Mécène de l’exposition, le marchand de cadres londonien Paul Mitchell présente parallèlement "Fra­me­­works" (Cadres) dans sa galerie de Bond Street, qui rassemble sa collection de cadres anciens et des photographies de tableaux dans leur cadre d’origine ou dans un cadre contemporain.

Kelly : un Américain à New York. Pour sa rétrospective au Guggenheim Museum de New York, Ellsworth Kelly a personnellement supervisé l’installation de ses œuvres autour de la célèbre rampe en spirale de Frank Lloyd Wright. Jusqu’au 15 janvier, près de deux cent cinquante œuvres de l’artiste américain, aujourd’hui âgé de 73 ans, retracent un demi-siècle de création : du Paris de l’après-guerre aux récents monochromes monumentaux en forme d’éventail, en passant par les années cinquante à New York. Brancusi et Arp, rencontrés à Paris, puis l’influence d’artistes tels que Newman et Reinhardt ont peu à peu incité Ellsworth Kelly à approfondir sa vision toujours plus dépouillée de la peinture, qui culmine avec les toiles Hard Edge, aux contours nets, qui ont fait sa réputation dans les années soixante.

Une rétrospective Alberto Giacometti est organisée par la Royal Academy de Londres jusqu’au 1er janvier. Les débuts de l’artiste sont évoqués grâce à une série de croquis de portraits et de paysages exécutés dans la tradition du XIXe siècle. La période post-Bourdelle est illustrée par une première incursion dans l’art africain avec le "phallique" Couple, inspiré par sa relation avec le sculpteur américain Flora Mayo, et par la Femme-cuiller. Quatre variations sur le thème de la tête, datant de 1927, sont exposées, et la période surréaliste est représentée par un petit nombre d’œuvres significatives comme la Femme qui marche, Crâne, un marbre de 1934, ainsi qu’un buste de son frère Diego de la fin des années trente, à rapprocher d’un autre datant de 1958. À cette époque, Giacometti avait déjà, et depuis longtemps, imposé son style, dont l’archaïque Char (1950) et Trois hommes qui marchent sont de vibrants exemples.

Matisse et Tériade, le peintre et l’éditeur d’art sont réunis une fois encore le temps d’une exposition au Cateau-Cambrésis, du 14 décembre au 2 mars. Livres illustrés, couvertures, peintures, dessins et gouaches découpées, nés de leur collaboration entre 1929 et 1954, sont présentés en compagnie d’un choix de photographies d’Henri Cartier-Bresson.

Morandi grandeur nature. Une Nature morte (1945) de Giorgio Morandi (1890-1964) sera exposée à partir du 6 décembre au Musée Maillol, à Paris, dans le cadre d’une exposition monogaphique co-organisée par le musée et l’Union latine et rassemblant 70 peintures, 11 aquarelles, 17 dessins et 20 gravures, genre dans lequel l’artiste excellait. L’ensemble témoigne du caractère énigmatique et solitaire de l’œuvre de ce "peintre de l’ascèse", même si on a pu successivement la rapprocher de la peinture métaphysique d’un Chirico ou d’un Carrà, de la revue Valori Plastici et du retour au classicisme prôné par le Groupe novecentiste. Natures mortes, paysages et bouquets de fleurs – les trois thèmes qui reviennent le plus souvent dans l’œuvre de Morandi – ont été prêtés par plusieurs collections italiennes, privées et publiques. Un livre-catalogue comprenant une introduction de Jean Clair et des essais de Michela Scolaro (co-commissaire de l’exposition), Paolo Fossati et Claudia Gian Ferrari est édité par le Musée Maillol et l’Union latine (224 p., 120 ill. en couleurs, 240 F, distribution RMN).
GIORGIO MORANDI, 6 décembre-15 février, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol, 59-61 rue de Grenelle 75007 Paris, tél. 01 42 22 59 58, tlj sauf mardi 11h-18h.

Yves Bonnefoy est célébré pour sa poésie et son intérêt pour les arts plastiques dans l’exposition organisée par le Musée Jenish à Vevey, jusqu’au 26 janvier. Cette présentation évoque les amitiés de l’écrivain – Alexandre Hollan, Morandi, Balthus, Chillida, Tàpies – et ses affinités avec des gravures de Poussin, Lorrain et Degas. Choisies par Bonnefoy, les pièces proviennent essentiellement de sa propre collection et des ateliers des artistes.

L’œuvre gravé de Barnett Newman (1905-1970) est visible au Musée des beaux-arts de Berne jusqu’au 26 janvier. C’est la première fois que les estampes de l’artiste américain sont exposées en Suisse. Les lithographies et les eaux-fortes ont toutes été réalisées dans la dernière décennie de sa vie. Les séries Cantos et Notes, présentées dans leur intégralité, sont certainement les gravures les plus révélatrices de l’apogée de ce représentant de la Colour Field Painting. Le musée édite à cette occasion un catalogue exhaustif (127 p., 45 FS).

Robert Müller expose au Cabinet des estampes de Genève, jusqu’au 19 janvier, soixante-dix gravures de 1983 à 1996, qui montrent notamment le tournant décisif dans son œuvre au milieu des années quatre-vingt. Des éléments pour mieux mesurer la singularité créatrice de cet artiste zurichois, dont la démarche fut d’abord celle d’un sculpteur.

Une importante sélection d’œuvres de l’Avant-garde russe (1910-1924) est présentée au Kunstmuseum de Bâle jusqu’au 26 janvier. Des gravures de Malevitch, El Lissitzky, Rodchenko, Ljubov’, Popova, Rozanova, etc. témoignent du mouvement intellectuel, politique et social qui caractérise la période révolutionnaire russe jusqu’à la mort de Staline. Cet ensemble provient de la collection du Cabinet des estampes du Musée d’art et d’histoire de Genève, un fonds internationalement reconnu qui comprend près de deux cent cinquante pièces.

La photographie contemporaine en France : sous ce titre, le Centre Pompidou présente, du 4 décembre au 31 mars, 136 œuvres de 50 auteurs, issues des dix dernières années d’acquisitions du Fonds national d’art contemporain et du Musée national d’art moderne. La sélection n’a retenu que des images réalisées dans notre pays mais s’est ouverte aux diverses pratiques de la photographie : plasticienne, publicitaire, reportage… Voisineront ainsi les installations de Sandy Skoglund ou Boyd Webb, les accumulations d’Annette Messager, les mises en scène de Joel Peter Witkin ou Pierre & Gilles, les créations de Keiichi Tahara, les images strictement photographiques de Bernard Plossu…

Pierre & Gilles ont leur première rétrospective, organisée et présentée jusqu’au 26 janvier par la Maison européenne de la Photographie (MEP) à Paris. Depuis 1976, le duo collabore à des revues, crée des pochettes de disques, des affiches... Il s’inspire de la culture populaire, des voyages, de leurs amis, pour créer des œuvres kitsch construites autour de thèmes : "les paradis", "les pleureuses et les naufragés", "les saints et les saintes", "les jolis voyous", "les plaisirs de la forêt"... Un catalogue raisonné est publié par la MEP.

Hirakushi Denchû (1872-1979) a marqué la sculpture traditionnelle japonaise à un moment où son pays découvrait l’Occident et se divisait dans une querelle des Anciens et des Modernes. L’Espace des arts Mitsukoshi Étoile (3 rue de Tilsitt, 75008 Paris) rend hommage, du 3 décembre au 25 janvier, à celui qui a voulu marier sculpture bouddhique et occidentale. Sculptant essentiellement le bois, Denchû a d’abord travaillé sur des portraits puis, pendant vingt ans, sur une œuvre maîtresse et monumentale, La Danse de lion du Nouvel an, exposée aujourd’hui dans le hall du Théâtre national de Kabuki à Tokyo.

Après la grande exposition du Grand Palais à Paris, au printemps dernier, la Salader-O’Reilly Gallery expose jusqu’au 13 janvier les dernières peintures de Jean-Baptiste Camille Corot. Réalisées à partir du milieu des années 1840, avec pour point fort les années 1860 et 1870, ces œuvres, telles que Coup de bois dans les fosses des remparts d’Arras, sont typiques de la dernière période de l’artiste, synthèse de la réalité et de l’imagination.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°31 du 1 décembre 1996, avec le titre suivant : Les Brèves : National Portrait Gallery de Londres, Ellsworth Kelly, Alberto Giacometti...

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