Lundi 17 décembre 2018

Les Brèves : Jean Hugo, dessins des années de guerre..

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 novembre 1994 - 1342 mots

Jean Hugo, dessins des années de guerre
1994 marque le centenaire de la naissance de Jean Hugo (1894-1984), arrière petit-fils de Victor Hugo. Le Musée national de la coopération franco-américaine à Blérancourt présente, jusqu’au 30 janvier, 160 dessins et 10 carnets réalisés entre 1915 et 1919. Cette exposition inaugure une série de manifestations, comprenant notamment un colloque à l’université Paul Valéry de Montpellier. Autodidacte, Jean Hugo se révèle très au fait des recherches de la peinture à cette époque – Cubisme, Fauvisme, et comme particulièrement intéressé par le travail de Roger de la Fresnaye et de Robert Delaunay. Outre leur qualité, ces dessins sont remarquables par leurs sujets. Ils décrivent la vie d’un soldat au jour le jour.

Pompon à Orsay
Après Dijon, l’exposition François Pompon (1885-1933) est présentée à Paris, jusqu’au 22 janvier, au Musée d’Orsay (lire le JdA, n°5 juillet-août). Celui-ci ne reprend que la partie monographique de l’exposition alors qu’à Dijon, Pompon était confronté à d’autres sculpteurs. Catalogue, coédition Gallimard-Electa-RMN, 248 p., 618 ill., 490 F.

Mise en boîte
Le Musée national des arts et traditions populaires (6, avenue du Mahatma Gandhi 75116 Paris) fait revivre, jusqu’au 17 avril, l’histoire de l’emballage métallique. Un parcours amusant, ponctué d’un millier de boîtes, simples, farfelues, ou poétiques.

Les paravents de Shunichi Kadowaki
Né en 1913 à Kannonji, sur l’île de Shikoku, Shunichi Kadowaki fait partie de ces artistes qui restent inconnus en France bien qu’ils soient honorés d’un musée dans leur propre pays, en l’occurrence un musée d’estampes à Shikoku. L’École nationale supérieure des Beaux-Arts va faire découvrir cinquante-et-une de ses œuvres dans le cadre d’une opération de mécénat menée avec le Comité d’échanges artistiques franco-japonais (Fondation franco-japonaise Sasakawa, Fondation japonaise de l’industrie navale).
Le travail le plus spectaculaire de Kadowaki, soutenu depuis 1971 par la société Taisei, prend pour support le traditionnel paravent. Il a ainsi réalisé une série monumentale, dépassant 100 mètres de long, sur le Palais Impérial aux quatre saisons.. Dans cette œuvre peinte à l’encre de Chine et à l’aquarelle, Kadowaki représente d’une façon décorative et anecdotique la vie de ses contemporains. Il prend pour thème également d’autres fétiches de l’inspiration japonaise : Pins, bambous, pruniers et cerisiers sauvages. Là, les paravents sont recouverts à la feuilles d’or. Figurent également à l’exposition une série de trente petits tableaux, Cent fleurs, et bien sûr des estampes.
Kadowaki, École nationale supérieure des beaux-arts, 13 quai Malaquais, 75006 Paris, du 18 novembre au 18 décembre.

Louis-François Cassas, dessinateur voyageur
Le Musée des beaux-arts de Tours présente, du 19 novembre au 30 janvier, la première rétrospective consacrée à Louis-François Cassas (1756-1827), grand voyageur et dessinateur au talent aujourd’hui méconnu. En 1813, la France avait interdit de sortie du territoire sa collection de maquettes que l’Empereur d’Autriche souhaitait acquérir. Elle avait acheté l’ensemble à cette occasion.
De 1776 à 1791, Cassas, passionné par l’architecture antique et l’archéologie, a parcouru l’Europe et l’Orient rapportant de ses voyages un nombre impressionnant de dessins, croquis, relevés et esquisses. Cent-cinquante dessins, gravures et aquarelles ont été sélectionnés. L’exposition a été présentée précédemment au Wallraf-Richartz-Museum de Cologne.

Prix Minda de Gunzburg
Chaque année, le Prix Minda de Gunzburg récompense, avec 25 000 et 10 000 dollars, les auteurs de catalogues d’expositions exceptionnelles concernant l’art occidental du Moyen Âge au XXe siècle, à l’exception des artistes vivants. Cette sélection est internationale, comme le jury. Celui-ci demande l’envoi des catalogues du cru 1994 avant le 30 janvier 1995, pour couronner les lauréats durant le premier semestre prochain.
Asda, 153, rue de Courcelles 75817 Paris Cedex 17.

Rétrospective Tetsumi Kudo
Le Musée national des beaux-arts d’Osaka consacre, jusqu’au 29 novembre, une rétrospective à Tetsumi Kudo, décédé il y a quatre ans. Une centaine d’œuvres jalonnent le parcours de l’artiste, des premiers tableaux peints aux objets multicolores comme les cages à oiseaux, en passant par des dessins, des gravures et des photos de happening. Appartenant à la génération de "l’anti-art", émergée à la fin des années 50, il se singularise non seulement par son crâne rasé mais également par son agressivité. Lauréat du Grand Prix de la Biennale Internationale des Jeunes en 1962, il quitte le Japon pour Paris. Il s’attaque aux tabous sexuels, aux nuisances, au prétendu humanisme de l’Europe moderne. L’exposition, intitulée "contestation-création", sera ensuite présentée au Musée des beaux-arts d’Okayama.

Musée d’art moderne de la Ville de Paris : Louise Bourgeois, un "Hommage aux collectionneurs"
Paris. Quelques jours avant que ne s’ouvre la rétrospective André Derain au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, les "Ateliers 94" présenteront dans les salles de l’ARC un panorama de la toute jeune création en France, réaffirmant, si besoin était, la vocation du musée à renouveler le paysage artistique. Deux jeunes artistes récemment confirmés prendront le relais à partir du 20 janvier et jusqu’au 5 mars, Fabrice Hybert et Jean-Luc Mylaine.
Une exposition Annette Messager, du 23 mars au 21 mai, précédera celle d’une autre femme, Louise Bourgeois, française établie de longue date à New York. Un très attendu "Hommage aux collectionneurs" d’art moderne et contemporain sera rendu au cours de l’hiver 95-96.
Enfin, les "années russes de Marc Chagall, 1907-1921" (du 12 avril au 17 septembre), les peintures du dodécaphoniste Arnold Schoenberg à l’automne 95, Tatline et Egon Schiele en 1996 sont à l’horizon du musée de l’avenue du Président Wilson.

Quimper. C’est vraisemblablement avec une exposition de peintures et d’objets de Marc-Camille Chaimowicz que Le Quartier, centre d’art contemporain, prendra congé de son directeur, Jean-Louis Conan, évincé par un conseil d’administration ombrageux. La politique culturelle – les exemples qui se multiplient cet automne en apportent assez la preuve –, n’est plus ce qu’elle était. Et, à la veille des élections municipales, les magistrats qui remettent leur mandat en jeu préfèrent manifestement renoncer à toute espèce d’audace. La décentralisation se confondrait-elle avec une régionalisation d’un autre âge? Exposition Chaimowicz, Le Quartier, Place du 137e R.I., Quimper, jusqu’au 31 décembre.

"La Laverie"
Une association regroupant des jeunes photographes de Taiwan (Chi Jen Cheng), de Hong Kong (Ha Yui Man, Lin Hai Yue Suko) et de France (Sabine Delcour) a ouvert un espace photographique, dans le quartier de la Bastille (9, rue Keller 75011 Paris, tél : 47 00 11 38). "La Laverie" expose jusqu’au 26 novembre les travaux sur Berlin de Jeanne Hilary.

À voir également
À signaler dans le flot des expositions, John Gutman et George Segal ; Gabriele Basilico à Beyrouth ; Victor Burgin (The End, chez Durand-Dessert) ; Tom Drahos (artiste toujours inattendu et contesté) ; Jeff Guess (sténopés). Dans le thème "Oubli" : la guerre de Crimée au Musée de l’Armée ; le studio Chevojon (successeur de Durandelle, photographies à la chambre grand format ; pourquoi n’est-il pas dans le thème de la Ville ?) ;  Josep Masana (un studio catalan qui se consacre aussi à la publicité) ; "Photographie et Cinéma", un thème convenu pour un centenaire annoncé : Andréi Tarkovski (mais un bon cinéaste n’est pas forcément un photographe passionnant, comme le montre Wenders, également de retour sur les cimaises du mois) ; Eric Rondepierre (des prélèvements de photogrammes abîmés dans des annonces de longs métrages).
Programme : 3615 PARIS, ou 3615 FNAC, ou par téléphone au 40 41 40 91. Un point d’information est organisé à la Fnac des Halles (niveau -3), du lundi au samedi, de 10h à 19h15.

Un tandem à la tête des Rencontres d’Arles
Les Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles (RIP) ont finalement décidé de restructurer leur direction (le JdA n°6, septembre). Un délégué général – Bernard Millet – a été nommé pour trois ans, tandis qu’un directeur artistique – Michel Nuridsany – a été désigné pour un an.
Âgé de 56 ans, Michel Nuridsany, critique d’art au Figaro, commissaire de plusieurs expositions, est chargé de "la conception et de la réalisation du programme des RIP pour l’été 1995". Âgé de 36 ans, conservateur auprès du Conseil général des Bouches-du-Rhône depuis 1994, Bernard Millet est responsable de l’administration des RIP. "Il assurera en outre le développement d’un programme culturel annuel, qui complétera l’activité estivale", précisent les RIP. Il était auparavant conservateur au Musée de la Vieille Charité à Marseille (1986-1994).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°8 du 1 novembre 1994, avec le titre suivant : Les Brèves : Jean Hugo, dessins des années de guerre..

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque