Mercredi 21 février 2018

Les artistes et les galeries

L'actualité de l'art contemporain

Par Philippe Régnier · Le Journal des Arts

Le 4 novembre 2009

SUISSE : DES CRÉATIONS SULFUREUSES
- Après une formation d’actrice, Ingeborg Lüscher a quitté son Allemagne natale pour venir s’installer en Suisse, où elle réalise photographies, peintures et sculptures, en même temps que des performances et des livres. Depuis quelques années, les couleurs jaune et noire – le soufre et la cendre – prédominent dans son œuvre plastique, sans cesse à la recherche du "sens".
Galerie Rigassi, Münstergasse 62, 3011 Berne, tél. 41 31 311 69 64, jusqu’au 28 février.

- Daniel Wentzlaff est architecte de son état, mais il se réserve un espace de création totale, un champ d’expérimentation ludique, libéré des contraintes liées aux conceptions architecturales. Il assemble en effet des objets de la vie quotidienne, meubles et petits accessoires, de façon décalée et absurde, dans la plus pure tradition surréaliste. Wentzlaff ne situe d’ailleurs pas son propos dans un contexte d’"œuvre d’art", mais part au contraire des meubles pour élaborer une réflexion sur la question du comportement et du déplacement.
Fabian Walter Galerie, Wallstrasse 13, 4010 Bâle, tél. 41 61 271 38 77, jusqu’au 15 février.

- La galerie Susanna Kulli présente de nouvelles peintures de Jean-Luc Manz. Le Lausannois développe une œuvre marquée par le motif générique du damier en y intégrant des figures colorées. L’artiste propose ainsi une nouvelle voie pour la peinture et pose la question du "décoratif".
Galerie Susanna Kulli, Davistrasse 40, 9000 Saint-Gall, tél. 71 223 59 58, 7 février-22 mars.

- L’exposition "Wesenschau" réunit quatre artistes dont la démarche s’appuie sur l’image photographique et son objectivité. Trois New-Yorkais sont ainsi associés à l’Allemand Gerhard Richter, dont l’approche de la photographie n’est pas sans souligner l’artifice intrinsèque de la peinture. Vik Muniz, pour sa part, redessine de mémoire des photographies parues dans les grands magazines puis les photographie. Roger Newton prend des clichés à l’aide de lentilles "faites main", tandis que Robert Selwyn retouche des images issues de la vie de tous les jours ou de la télévision.
Galerie Renée Ziegler, Rämistrasse 34, 8001 Zurich, tél. 41 1 251 23 22, jusqu’au 1er mars.

- "Junge Tendenzen 97" (Jeunes tendances 97) réunit trois artistes nés entre 1955 et 1962. Les peintures de la Zurichoise Brigitte Stadler côtoient les créations en trois dimensions de Miguela Tamo et les paysages de la Bâloise Marianne Widmer.
Galerie Lawrence Rubin, Wettingerwies 2B, 8001 Zurich, tél. 41 1 262 76 00, jusqu’au 27 février.

- Sous le titre "Aura", la galerie Ars Futura accueille les dessins de quatre artistes : Dirk Bell, Walther Dahn, Lothar Hempel et Rose­ma­rie Trockel.
Ars Futura Galerie, Bleicherweg 45, 8002 Zurich, tél. 41 1 201 88 10, 7 février-22 mars.

- La Mai 36 Galerie inaugure son nouvel espace de la Rämistrasse avec une exposition de Christoph Rüti­mann, qui a notamment exposé à l’invitation de la Suisse dans l’église San Stae lors de la Biennale de Venise 1993. L’artiste helvétique, âgé de quarante et un ans, y poursuit son travail sur trois éléments de son corpus : des balances, des panneaux de verre dont le verso est recouvert de peinture, et le monde de l’écrit. Rütimann joue ici sur les différentes possibilités d’association de ces éléments dans un désir renouvelé de saturer l’espace. Les mots "sitz" (siège), "bank" (banc), "gut" (bon) et "haben" (avoir) s’inscrivent sur le mur droit, à l’entrée de la galerie. En vis-à-vis, les plaques de verre déclinent différentes nuances de jaune. Entre les deux espaces d’exposition et côtoyant des balances de cuisine, une plan­che traverse la galerie tout en faisant office de banc. Non loin, d’au­tres balances mais à marchandises cette fois, avec leurs grands ca­drans, sont soigneusement empilées les unes sur les autres. L’atmos­phè­re générale de l’exposition est proche de celle d’une salle d’attente.
Mai 36 Galerie, jusqu’au 8 mars, Rämistr. 37, 8024 Zurich, tél. 41 1 261 68 80.

PARIS : ATMOSPHÈRE AMAZONIENNE
- Philippe Meste a réalisé en 1994 l’action Poste militaire aux puces de Marseille : trois militaires armés surveillaient alors la foule. L’artiste est ensuite retourné sur place et a recueilli les réactions des témoins. La vidéo qui en résulte, présentée chez Jous­se Seguin pour sa première exposition person­nelle, met l’accent sur le comportement des gens vis-à-vis d’une ambiance d’état de siège. Son exposition parisienne présente également un véhicule de combat à quatre roues et quelques-unes des ses Aquarelles.
Galerie Jousse Seguin, 34 rue de Charonne, 75011 Paris, tél. 01 47 00 32 35, jusqu’au 22 février.

- Installé au Bénin, Georges Adéagbo développe une œuvre plastique qui n’est pas étrangère aux modes de transmission des informations dans les sociétés traditionnelles africaines. Consti­tuées d’objets locaux et de produits manufacturés occiden­taux, de couvertures de magazines, de photographies, ses installations se lisent comme des rébus, mêlant les petites histoires à la grande.
Galerie Nathalie Obadia, 5 rue du Grenier-Saint-Lazare, 75003 Paris, tél. 01 42 74 67 68, 19 février-15 mars.

- L’exposition de Jean-Luc Vil­mouth émane directement de son récent voyage dans la forêt amazonienne, et son installation immerge complètement le visiteur dans une atmosphère parfumée et légèrement humide. L’artiste a ainsi voulu évoquer l’ambiance de cette contrée lointaine et se faire l’écho de sa culture. Ces pho­tographies font ainsi référence au comportement des femmes des tribus Yanomami, de la région de Mavaca, vis-à-vis du monde animal.
Galerie de Paris, 6 rue du Pont-de-Lodi, 75006 Paris, tél. 01 43 25 42 63, jusqu’au 15 février.

- Shelagh Wakely et Carlos Capelan exposent simultanément au Monde de l’art rive gauche. Le premier propose des fruits transformés, dorés à l’or fin, recouverts de soie ou enfermés dans de la dentelle de métal, dans une problématique centrée sur le plaisir. Capelan pose quant à lui la question de l’identité. Il présente ici quelques dessins réalisés avec du lait maternel.
Le Monde de l’art rive gauche, 35 rue Guénégaud, 75006 Paris, tél. 01 43 29 11 71, jusqu’au 22 février.

- Andrew Mansfield propose chez Anne de Villepoix un ensemble de peintures dont l’iconographie est généri­que­ment centrée sur les animaux et les plantes. Ces motifs, dans une atmosphère légè­rement évanescente, se déploient sur des fonds volontairement neutres, entre abstraction et figuration.
Galerie Anne de Villepoix, 11 rue des Tournelles, 75004 Paris, tél. 01 42 78 32 24, jusqu’au 22 février.

- Le photographe suisse Bal­tha­sar Burkhard présente à la galerie Durand-Dessert sa série d’animaux. Dans un souci de capture du monde, la fonction première de la photographie en somme, ces vues de profil, grandeur nature, de cheval, de chameau ou d’éléphant appellent à une fonction encyclopédique.
Galerie Liliane et Michel Durand-Dessert, 28 rue de Lappe, 75011 Paris, tél. 01 48 06 92 23, 15 février-29 mars.

- Après Tokyo, l’artiste japonaise Yuki Onodera présente à Paris des photographies en noir et blanc qui cultivent l’étrange. Ses Portraits de fripes, par exemple, dont les vêtements proviennent de la "Disper­sion" de Christian Boltanski au Quai de la Gare en 1993, mettent en scène des habits, littéralement, dans les nuages.
Galerie Laage-Salomon, 57 rue du Temple, 75004 Paris, tél. 01 42 78 11 71, jusqu’au 15 janvier.

- Les photographies de l’artiste amé­ricaine Ann Man­delbaum se concentrent sur des parties du corps,– bouche, cou, nombril – tout en les isolant de leur contexte d’origine. Affran­chies du réel, elles offrent des icônes étranges, fruits d’un imaginaire non dénué de poésie.
Galerie François Paviot, 57 rue Sainte-Anne, 75002 Paris, tél. 01 42 60 10 01, jusqu’au 21 février.

- Une projection vidéo simultanée sur trois écrans accueille le visiteur de la première exposition en France d’Eija-Liisa Ahtila. Cette artiste finlandaise, aujourd’hui âgée de trente-sept ans, a étudié le cinéma ainsi que le multimédia à Londres, en 1990-1991, et à Los Angeles, en 1994-1995. La première pièce qu’elle présente à Paris témoigne en effet d’une maîtrise technique tout à fait exceptionnelle. Travaillant en collaboration avec des professionnels du cinéma, producteurs inclus, ses œuvres sont de ce fait proches du court métrage. If 6 was 9 (1995) a ainsi été tournée en 35 mm avant d’être transférée en vidéo. Sur trois écrans juxtaposés, Eija-Liisa Ahtila expose, sur le mode de la confidence, l’éveil de la sexualité vécu par quelques adolescentes. Tout en cultivant une certaine légèreté, que souligne la musique, les jeunes filles dévoilent sans pudeur leurs premières expériences sensuelles et la naissance du désir. Dans un style enlevé, une succession nerveuse de plans, la vidéo se présente comme la métaphore d’une ouverture sur le monde, d’une re-naissance. La deuxième pièce de l’exposition, Me/we, Okay, Grey (1993), est constituée de trois "clips" de quatre-vingt-dix secon­des qui abordent tour à tour des questionnements psychologiques, le rapport à l’autre et la place de chaque individu dans la société.
Galerie Roger Pailhas, 88 rue St-Martin, 75004 Paris, tél. 01 48 04 71 31, jusqu’au 28 février.

BELGIQUE : FEMMES ET DÉPLOIEMENTS ONIRIQUES
- Vaste entreprise pour la galerie Bastien qui expose, jusqu’au 9 mars, une sélection d’artistes autour d’un thème unique : la femme. "De fin de siècle à fin de siècle", les cimaises de la galerie réunissent des artistes aussi différents que l’académique Portaels ou le poétique Men­delson, en passant par les visions sul­fureuses de Rops ou Rassen­fosse, par l’intimisme d’un Lemmen, par les formes monumentales d’un Permeke, sans oublier les énigmes féminines de Magritte. Dans ce panorama, Gaston Bertrand, Mig Quinet, Colette Bitker et André Wysniawski incarnent les Moder­nes ; sans jamais chercher querelle aux Anciens.
Galerie Bastien, 61 rue de la Madeleine, 1000 Bruxelles, tél. 02 513 25 63, jusqu’au 9 mars.

- À partir du 6 février, Pascal Polar réunit les œuvres récentes du Courtraisien Bart Vandevijvere et de l’Espagnol Jordi Colilles. Au rez-de-chaussé, le peintre belge expose une vingtaine d’œuvres abstraites et très colorées, tendant au mini­malisme dans un dépouil­lement progressif des éléments de figuration. À l’étage, Colliles pré­sente des tableaux-reliefs abstraits et construits. Le format reste ici aussi intimiste, mais le travail aspire néanmoins à la monumentalité par la rigueur de sa construction. Deux regards parallèles à découvrir.
Galerie Pascal Polar, 185 chaussée de Charleroi, 1060 Bruxelles, tél. 02 537 81 36, du 6 février au 2 mars.

- Albert Baronian expose durant tout le mois de février les œuvres de Marc Carniel. Ce jeune peintre bruxellois y livre un regard aigu sur le monde des champignons en partant de planches de bota­nique dont l’iconographie sert de prétexte à une vision objective. Carniel n’est toutefois pas un hyperréaliste. Au contraire, il joue de l’ambiguïté de son discours photographique où le grossis­sement du détail constitue une sorte d’obsession du regard. Un beau travail et une réflexion enjouée sur le sens des choses offertes à nos yeux..
Galerie Alain Baronian, 20 boulevard Barthélémy, 1000 Bruxelles, tél. 02 512 92 95, du 1er au 28 février.

- Jusqu’au 26 février, la Galerie du Botanique accueille Art en Marge pour fêter les dix années d’existence de ce lieu voué à la marginalité, qu’elle soit sociale ou pathologique, voulue ou subie. En dix ans, Art en Marge a valorisé une créativité souvent négligée et a largement contribué à la découverte d’artistes intéressants comme Stéphane Man­del­baum. Depuis 1986, la galerie a rassemblé une collection repré­sentative de la production "auto­didacte" en Belgique. Le panorama aujourd’hui proposé permettra aux visiteurs de mieux saisir la diversité des démarches qui se rejoignent dans la même volonté d’expression libre.
Galerie du Botanique, 236 rue Royale, 1210 Bruxelles, tél. 02 226 12 11, jusqu’au 26 février.

- L’International Art Gallery présente, jusqu’au 23 février, une exposition des œuvres récentes de Dominiq Fournal. De ses périples à travers le monde, l’artiste tire des sensations qui, de Zanzibar au Guatemala, d’Espagne au Mexique, se superposent comme autant de souvenirs colorés. L’abstraction opère ainsi par strates successives donnant à chaque couleur l’occa­sion de s’exprimer en un large déploie­ment onirique. La matière reste fluide et le geste généreux.
International Art Gallery, 16 bois Lionnet, 1380 Lasne, tél. 02 633 18 06, jusqu’au 23 février.

- Fidèle à Michaël Hirmer qu’il a exposé à Bruxelles dès 1991, Fred Lanzenberg présente jusqu’au 22 février un hommage à cet artiste singulier, décédé l’été dernier. Les œuvres réunies constituent une rétrospective en soi. Peintures et sculptures attestent du désir incessant de témoigner de la condition humaine, dans la solitude et le recueillement d’un face-à-face avec soi-même. Œuvre tragique qui accompagne pas à pas une existence minée par la maladie, elle s’inspire aussi bien de Twombly que de Giacometti ou de Dürer. Hirmer associe la destinée au travail de la matière, sur laquelle il revient inlassablement et qu’il griffe jusqu’à la faire crier. Passage après passage, la figure apparaît écartelée entre cette origine informe, pâte giclée du tube ou glaise à peine pétrie, et cette fragile apparition à la surface des choses. L’image est jaillissement, dans la douleur des noirs ou l’absence des blancs. L’œuvre trouve ainsi une puissance qui fait de son auteur un des grands artistes de cette fin du XXe siècle. Une exposition à ne manquer sous aucun prétexte.
Galerie Fred Lanzenberg, 9 avenue des Klauwaerts, 1050 Bruxelles, tél. 02 647 30 15, jusqu’au 22 février.

ITALIE : LES MAUVAIS ESPRITS DE TIRAVANIJA
- Hidetoshi Nagasawa, sculpteur d’origine japonaise mais qui travaille en Italie depuis des dizaines années, expose simul­tanément dans trois galeries milanaises. La galerie Valeria Belvedere montre une "pièce unique" dédiée à Sessyu, un peintre japonais du XVe siècle. La galerie Borgogna propose au contraire une rétrospective centrée sur ses sculptures et œuvres sur toile des années soixante-dix. "Mimetiz­zazione," enfin, est le titre qui réunit à la galerie Fabia Calvasina ses travaux récents, une réflexion sur l’œuvre d’art en tant que part de la création.
Galleria Valeria Belvedere, via Rossini 3, Milan, jusqu’au 28 février
Galleria Borgogna, via Visconti di Modrone 20, Milan, jusqu’au 28 février.
Galleria Fabia Calvasina, via Sant’An­drea 11, Milan, jusqu’au 22 février.

- Si Massimo Minini est un galeriste de province, c’est seulement d’un point de vue géographique. En réalité, il est très actif sur la scène inter­na­tionale, souvent avec des propositions inédites pour l’Italie. Aujourd’hui, sa galerie présente une exposition personnelle de Peter Halley, l’indiscutable chef de file du Néo-géo américain. Cette série de peintures est caractéristique des habituelles constructions géo­métriques car­rées de Halley, qui rappellent délibérément l’icono­graphie des prisons, des murs, des circuits électroniques et urbains.
Galleria Minini, via Apollonio 68, Brescia, jusqu’au 28 février.

E Une nouvelle proposition orientale chez Emy Fontana : le jeune Rirkrit Tiravanija y met en scène, pour sa première exposition personnelle en Italie, une installation qui a les vertus des amulettes pour, selon l’artiste, "chasser les mauvais esprits".
Galleria Emy Fontana, viale Bligny 42, Milan, jusqu’au 8 février.

- Pontus Hulten, ami et théoricien de Jean Tinguely, est le commissaire de la rétrospective consacrée à l’artiste suisse. L’exposition est centrée sur les lettres que Tinguely envoya à ses amis et aux musées. Ces missives sont de réelles œuvres d’art dans le sens où l’écrit est accompagné de dessins, de collages et de petits objets en deux dimensions.
Galleria Nuova Icona, Giudecca 454, Venise, du 28 février au 16 mars.

- Le galeriste Enzo Canneviello, qui a pleinement contribué à la diffusion du néo-expressionniste allemand en Italie dans les années quatre-vingt, porte son attention depuis quelque temps sur les jeunes peintres de la Péninsule. L’exposition est consacrée à Pierluigi Pusole, un Turinois dont les peintures associent la touche néo-expressionniste aux couleurs psychédéliques issues des mass media.
Studio Cannaviello, via Cusani 10, Milan, jusqu’au 28 février.

- Des intérieurs, des paysages et des natures mortes sont au centre des recherches de Stephen McKenna. Pour sa seconde exposition personnelle en Italie, le peintre londonien présente une série d’œuvres des années quatre-vingt à nos jours.
Galleria Il Polittico, via dei Bianchi Vecchi 135, Rome, jusqu’au 22 février.

- La galerie Marescalchi, qui concentre son activité sur l’œuvre des maîtres historiques, inaugure son nouvel espace avec une rétrospective Joan Miró. Elle réunit une centaine de peintures qui couvrent toute la carrière du peintre catalan et parmi lesquelles figurent quelques œuvres inédites provenant de la famille Miró .
Galleria Marescalchi, piazza Porta S. Stefano 3, Bologne, du 15 février au 15 avril.

LONDRES : VIOLA ET SON "MESSANGER"
- L’événement devrait être l’un des points forts de l’année. The Messanger, l’installation comman­dée à Bill Viola pour la cathédrale de Durham, l’une des plus remar­quables d’Angleterre, a été présentée à l’automne dernier dans l’édifice médiéval. Elle est aujour­d’hui exposée pour un mois et demi à la South London Gallery.
South London Gallery, 55 Peckham Road, Londres, tél. 44 171 703 6120, 19 février-30 mars.

- La galerie Annely Juda Fine Art organise la première exposition depuis trente ans en Angleterre des travaux de Richard Paul Lohse, l’un des principaux protagonistes de l’Art concret aux côtés de Max Bill, Camille Graeser ou Verena Loewensberg. Lohse était avant tout un coloriste, même si ses œuvres peuvent être divisées en deux groupes, ses séries d’une part et ses œuvres modulaires d’autre part. Les pièces de la fin de sa vie se fondent sur une égalité des couleurs et des formes.
Annely Juda Fine Art, 23 Dering Street, Londres, tél. 44 171 629 7578, jusqu’au 1er mars.

- Leslie Waddigton et son ancien directeur pour les arts graphiques, Alan Cristea, organisent conjoin­tement une exposition des nou­veaux travaux de Michael Craig-Martin. Waddington montre trois grandes et six petites peintures, titrées collectivement Innocence and Experience, chacune composée d’objets quotidiens tels que des extincteurs, une lampe de poche, ou un miroir. D’autres images simi­laires apparaissent dans le livre édité par Cristea et  montré en même temps que l’ensemble de la production graphique de l’artiste.
Waddington Galleries, 11 Cork Street, Londres, tél. 171 437 8611, 12 février-29 mars.

- Dorothy Cross s’est fait remarquer en exposant en 1994 et 1995, notamment au ICA de Londres, des peaux et des pis de vaches. Son exposition à la Frith Street Gallery se concentre sur ses derniers travaux qui interrogent les notions acceptées de pouvoir, de confort et de réconfort, en combinant le naturel et l’artificiel. Thème récurrent dans ses œuvres récentes, le serpent permet de multiples interprétations allégo­riques, notamment celles de la mort et de la résurrection.
Frith Street Gallery, 59-60 Frith Street, Londres, tél. 44 171 494 1559, jusqu’au 1er mars.

NEW YORK : LES CLICHÉS DE LA MODE
- Rudolf Stingel inaugure le nouvel espace gigantesque de la galerie Paula Cooper. Son instal­lation juxtapose un tapis à rayures pourpre et magenta et des toiles abstraites aux couleurs coor­données. Stingel a saisi les ten­dances changeantes de la mode depuis qu’un magazine a emprunté ses œuvres pour l’arrière-plan de photographies de modèles.
Paula Cooper Gallery, 534 West 21st Street, New York, jusqu’au 22 février.

E Le spécialiste de la photo­graphie F.C. Gundlach est le commissaire de "Zeitgeist becomes form", la rétrospective de photos de mode allemandes organisée dans deux galeries voisines, Pat Hearn et Morris Healy. Gundlach expose simultanément ses propres clichés chez American Fine Arts.
Pat Hearn Gallery / Morris Healy Gallery, 530 West 22nd Street, Chelsea, New York, jusqu’au 23 février.
American Fine Arts, 22 Wooster Street, SoHo, New York, jusqu’au 8 février.

- La David Zwirner Gallery pré­sente les œuvres de la collection personnelle de Wilhem Schürmann. Ces pièces sont celles que l’amateur a conservées après la vente au Getty, au début des années quatre-vingt, de sa célèbre collection de photo­graphies d’Europe de l’Est du début du siècle.
David Zwirner Gallery, 43 Green Street, SoHo, New York, jusqu’au 8 février.

- Le photographe Jörg Sasse, proche de Thomas Ruff et de Thomas Struth, expose pour la première fois à New York dans l’espace conçu par Rem Koolhaas pour la galerie Lehmann-Maupin. Ce bâtiment industriel est parti­culièrement adapté à la présen­tation de cet ancien élève de Bernd et Hilla Becher.
Lehmann-Maupin Gallery, 39 Green Street, SoHo, New York, 8 février-15 mars.

- L’installation photographique et vidéo Boat emptying stream enterring retrace la performance réalisée en 1988 par Marina Abramovic et son ancien compa­gnon Ulay. Ils ont en effet parcouru ensemble à pied la Grande muraille de Chine en réunis­sant une documentation sur cette expérience.
Sean Kelly Gallery, 43 Mercer Street, New York, jusqu’au 15 février.

- La galerie Barbara Gladstone a partagé en trois son nouvel espace, dans le quartier de Chelsea, pour accueillir le vétéran de l’art concep­tuel Vito Acconci, le foreur de cra­tères James Turrel et l’ins­tallation Arte Povera de Gilberto Zorio.
Barbara Gladstone, 515 W 24th Street, New York, jusqu’au 15 février.

- Niele Toroni n’avait pas exposé à New York depuis six ans. Celui qui "continue de peindre même s’il a la conviction grandissante qu’il n’y a pas de prise de contrôle sur la peinture" présente quelques-unes de ses nouvelles pièces chez Marian Goodman.
Marian Goodman Gallery, 24 West 57th Street, New York, jusqu’au 15 février.

- La plupart des Drawing Over the Years de Patti Smith datent de l’époque où elle partageait la vie de Robert Mapplethorpe. Sa calligraphie court sur le papier, transformant ses écrits en lumière, en feu ou en champs colorés en hommage à ses idoles artistiques (Pasolini, Rimbaud, Genet).
Robert Miller Gallery, 41 East 57th Street, New York, jusqu’au 8 février.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°33 du 1 février 1997, avec le titre suivant : Les artistes et les galeries

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