Mercredi 19 février 2020

Les « accumulations » africaines d’Arman

Une collection \"d’artiste\" exceptionnelle

Le Journal des Arts

Le 1 juillet 1996 - 316 mots

Arman possède l’une des plus importantes collections privées d’art africain au monde. Il en expose une sélection pour la première fois en France : 200 statues, appuie-nuques, reliquaires et masques…

MARSEILLE - La passion d’Arman pour les arts "primitifs" ne s’est jamais dé­mentie depuis l’achat d’un premier masque Dan à Nice, au milieu des années cinquante. Amateur éclairé devenu collectionneur réputé, le sculpteur amasse, voire échange, aussi bien les objets océaniens (qu’il a vendus depuis) que les voitures anciennes ou les armures japonaises.

Mais à la différence d’un Baselitz, qui restitue une certaine forme de primitivisme dans ses sculptures, Arman n’a jamais été influencé par l’art africain. Fasciné par l’intériorité et l’expressivité qui se dégagent des sculptures africaines, il affirme que "ce n’est pas du tout un art esthétiquement gratuit, décoratif. Il se passe quelque chose, et cette inquiétude (...) métaphysique (...) m’apparaît très sensible dans l’art africain".

Sa prestigieuse collection d’art africain, résultat de "coups de cœur" et d’une quête quasi frénétique du "bel objet", compte plus de 300 pièces, partagées entre New York, Paris et Vence. La sélection de sculptures couvre la quasi-totalité du continent, avec une prédilection pour le Gabon : reliquaires Kota, Byeri Fang ou  masques Punu. Loin d’un choix guidé par le hasard, Arman procède, à l’instar de sa démarche artistique, par accumulation, avec l’idée de former des groupes, "de mettre des choses de même type ensemble", dit-il, mais sans sacrifier à la qualité.

Les masques désormais "classiques" des Dan, les belles statues longilignes Lobi ou Dogon, les sièges-cariatides raffinés des Luba ou le spectaculaire fétiche à clous Kongo révèlent un goût pour le chef-d’œuvre plutôt que pour l’objet rare ou insolite.

ARMAN ET L’ART AFRICAIN, jusqu’au 30 octobre. Chapelle du Centre de la Vieille Charité, 2, rue de la Charité, 13002 Marseille, tlj sauf le lundi 11h-18h, Catalogue, 300 F, 256 p., coédition RMN/ Musées de Marseille, CD-Rom, film documentaire.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°27 du 1 juillet 1996, avec le titre suivant : Les « accumulations » africaines d’Arman

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