Mercredi 17 octobre 2018

Rueil-Malmaison (92)

A l’école de Pont-Aven

Atelier Grognard - Jusqu’au 8 avril 2013

Par Dominique Vergnon · L'ŒIL

Le 19 février 2013 - 338 mots

Curieuse école dont les élèves se retrouvent dans la pension que tient une femme, Marie-Jeanne Gloanec, sont les émules d’un maître qui leur demande de travailler « librement et follement » voire de « combattre avec le pinceau » !

Jeunes artistes riches seulement de talents qui revendiquent « le droit de tout oser », ils s’assoient pour parler peinture sur le parapet du pont qui franchit l’Aven avant de s’égayer, pour trouver l’inspiration, au bord de l’océan, au Pouldu, dans la lande ou le Bois d’Amour. Parmi eux, Paul Sérusier, Maxime Maufra, Henry Moret, le « bon » Schuffenecker, le Danois Ballin, d’autres encore qui vont entrer dans le cercle qui gravite autour de cette figure tutélaire qu’est Gauguin. Ce dernier vient souvent dans ce bourg breton où il se nourrit de légendes et de paysages sauvages. À lui l’ascendant, à son ami et bientôt rival Émile Bernard l’autorité. Contre tout enseignement officiel, ils veulent créer un style neuf, réinterpréter la nature, épurer les formes, trouver des perspectives inédites, traduire les sensations par de vives couleurs en aplats que cerne – ou plutôt cloisonne – un trait noir.

Sous les poutrelles de cette ancienne fabrique de plaques de cuivre, grâce aux prêts consentis par de nombreux musées et des collectionneurs privés, cent cinquante œuvres ont été réunies. Elles apportent un éclairage nouveau sur une étape décisive de l’art moderne. À côté de Sérusier bien représenté notamment par Le Cueilleur de pommes et La Pluie sur la route, se révèlent d’autres artistes oubliés qui participèrent à cette aventure, tels Filiger, Lacombe, O’Conor, Dezaunay et surtout Émile Jourdan, un de ceux qui suivit le mieux la leçon pontavénienne. Leurs bois gravés, gouaches, aquarelles et surtout leurs dessins constituent une des sections les plus intéressantes de cette exposition. Elle permet de voir combien le trait, le meilleur « moyen d’accentuer la pensée » disait Gauguin, est intervenu dans le processus du cloisonnement.

« Les peintres de Pont-Aven autour de Gauguin », Atelier Grognard, 6, avenue du Château-de-Malmaison, Rueil-Malmaison (92),
 www.mairie-rueilmalmaison.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°655 du 1 mars 2013, avec le titre suivant : A l’école de Pont-Aven

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