Art moderne

Assen (Pays-Bas), Emden (Allemagne)

Le rêve américain vu d’Europe du Nord

Drents Museum et Kunsthalle Emden - Jusqu’au 27 mai 2018

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 6 février 2018

Deux musées situés à une heure de route de chaque côté de la frontière germano-néerlandaise s’associent pour la première fois avec l’ambition de proposer un panorama consacré à la culture et à l’art figuratif nord-américain après la Seconde Guerre mondiale.

Edward Hopper, <em>Morning Sun</em> 1952, huile sur toile, 71.44&nbsp;x&nbsp;101.93&nbsp;cm Columbus Museum of Art, Ohio
Edward Hopper, Morning Sun 1952, huile sur toile, 71.44 x 101.93 cm Columbus Museum of Art, Ohio
©Columbus Museum of Art

Le Drents Museum présente une soixantaine d’œuvres et se concentre sur les années 1945-1965, tandis que la Kunsthalle Emden en propose cent quarante plus récentes, de 1965 à aujourd’hui. De nombreuses peintures, mais aussi des sculptures, des photographies et des films évoquent les grands et petits mythes nord-américains, le Far West, la vie urbaine, son agitation et ses solitudes, les mouvements des droits civiques, les assassinats des Kennedy, la conquête de l’espace, l’empire de Disney, le 11 Septembre, les guerres menées à l’extérieur, la dernière campagne électorale, etc.

Le visiteur est invité à s’immerger dans une culture où de rares rêves apaisés, tel October Interior (1963), de Fairfield Porter côtoient d’inquiétantes présences comme StruggleIII-Assassination (1965), de Jacob Lawrence. Le parcours hollandais apparaît cependant sensiblement moins âpre que le parcours allemand. Les peintures Sunset in Spanish Harlem (1958), d’Alice Neel, ou Ada in Red Coat (1959), d’Alex Katz, formellement à des années-lumière de Yellow Skye (1966), de Roy Lichtenstein, tranchent par leur humanité contingente.

À la Kunsthalle, le rêve peut virer au cauchemar. Pas avec Andy Warhol ou Edward Hopper, mais dans une grande salle où une toile de Peter Saul, Quak-Quak, Trump (2017), fait face à un immense portrait d’Hillary Clinton, réalisé en 2016 par Karl Haendel, tandis qu’au sol un homme en lévitation (Josh, 2010, de Tony Matelli) est dominé par l’énorme figure d’une femme hurlant « No fucking way », peinte en 2006 par Kathe Burkhart, l’une des rares artistes femmes présente dans l’exposition.

Ce rêve nord-américain n’est pas non plus celui des Africains-Américains, bien peu présents. Les peintures d’Emma Amos, de Robert H. Colescott ou de Mickalene Thomas, parmi bien d’autres, auraient apporté un éclairage encore plus vif sur la complexité et la richesse de la culture nord-américaine.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°709 du 1 février 2018, avec le titre suivant : Le rêve américain vu d’Europe du Nord

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