Vendredi 22 novembre 2019

Paris-8e

le premier Blumenfeld

Jeu de paume Jusqu’au 26 janvier 2013

Par Christine Coste · L'ŒIL

Le 19 novembre 2013 - 298 mots

Portraits de face et/ou de profil, nus féminins et autoportraits ont été très tôt au centre des intérêts d’Erwin Blumenfeld (1897-1969).

Ils l’ont été au travers d’expérimentations diverses (dessin, collage et montage de clichés d’abord), comme le rappelle le parcours analytique d’Ute Eskildsen, ancienne directrice adjointe et responsable des collections photographiques du Musée Folkwang à Essen. Avec les croquis rapides et les caricatures exécutées à Berlin puis aux Pays-Bas, entre 1916 et 1933, ils ramènent aux fondements du parcours d’un auteur avant-gardiste que ses clichés de mode pour Vogue ou Harper’s Bazaar ont rendu, plus tard, célèbre. L’exposition donne la part belle au Blumenfeld artiste, proche des mouvements d’avant-garde, en rejetant ses clichés de mode dans la dernière salle, ce qui n’est pas sans causer quelques frustrations... 

Mais le propos rigoureux d’Ute Eskildsen est de démontrer que l’intérêt porté aux portraits et au corps féminin et sa manière de les appréhender s’affirment dès ces années-là, à l’instar de la photographie investie dans les années 1930 en tant que champ d’expérimentation. Portraits, nus ou photographies d’architecture noir et blanc, l’influence des artistes du Bauhaus qu’il a probablement connus ou de Man Ray dont il admira le travail est perceptible. Comme sont prégnantes, dans l’ensemble de l’œuvre de cet exilé, les réflexions sur son époque indissociable de la montée du nazisme, de l’avènement d’Hitler, de la fuite et des camps de concentration. Ravage d’un pouvoir délirant que dessins ou photographies tels que The Minotaur ou the Dictator, réalisée en 1937, dénonce et que Ute Eskildsen accompagne de montages aussi puissants imaginés dans la même veine, mais plus méconnus. Leur présentation dans la partie « architecture » dérange toutefois et accentue la sensation d’une démonstration qui aurait pu être plus resserrée dans sa sélection de portraits, de nus et d’ouvrages historiques.

« Erwin Blumenfeld, 1897-1969. Photographies, dessins et photomontages »,

Jeu de paume, 1, place de la Concorde, Paris-8e, www.jeudepaume.org

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°663 du 1 décembre 2013, avec le titre suivant : le premier Blumenfeld

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