Dimanche 18 février 2018

La photographie à l’étranger

Le développement de collections

La naissance en Italie d’un véritable esprit de collection pour la photographie historique date de la fin des années soixante-dix.

Le Journal des Arts

Le 21 avril 2010

ROME - Les collectionneurs italiens continuent de s’attacher presque exclusivement à des thèmes iconographiques liés à la photographie de genre et axés sur la production des photographes locaux.

Seule la collection Palazzoli, aujourd’hui acquise par les Archives Alinari, montre un choix résolument tourné vers l’esthétique, avec des auteurs qui privilégient la beauté des images, mais aussi la qualité des épreuves. De plus, la collection photographique est destinée à rester, “intime”. Cela est lié au délicat problème de la conservation de l’image à travers le temps : une photographie “ancienne” ne peut pas être exposée de façon permanente sans risque.

À quelques rares exceptions près, le collectionneur italien de clichés historiques tient davantage au nombre des photographies qu’à leur qualité intrinsèque, à la différence de ses collègues étrangers, américains surtout, attentifs autant à la beauté qu’à l’état de conservation et à la lisibilité de l’image. Jusqu’à une date récente, l’absence de normes précises pour le catalogage, et la mauvaise connaissance de l’histoire des techniques photographiques rendaient l’accès à plusieurs des collections anciennes très difficile. Aujourd’hui, il est indéniable que l’information sur l’histoire de la photographie italienne est à peu près complète ; les auteurs totalement inconnus ne sont plus très nombreux. Mais le marché de la photographie historique de haut niveau reste presque totalement ignoré en Italie.

C’est à la fin des années soixante-dix que se développent les études et la naissance d’un classement méthodique des clichés dans les archives. En conséquence, les prix augmentent tandis que plusieurs photographes italiens sont consacrés et font leur apparition dans les catalogues.

Les grandes expositions organisées à Rome dans les années soixante par Silvio Negro, par Piero Becchetti, et celle du milieu des années soixante-dix sur les “Alinari, photographes”, organisée par Vladimir Settimelli, ont été les premières à disposer les pièces selon une thématique homogène ; elles ont donné naissance à ce genre de collection.

Auparavant, les clichés disponibles, même signés de photographes célèbres et d’un niveau technique élevé, étaient dispersés à bas prix chez les libraires-antiquaires. L’absence totale de sources et d’études spécialisées – Gerscheim par exemple, dans son Histoire de la photographie, n’accorde qu’un nombre infime de pages aux photographes italiens du XIXe siècle – a poussé les rares collectionneurs qui s’aventuraient dans ce domaine à fonder leur collection exclusivement sur des thèmes liés à une iconographie strictement régionale, en complément d’études portant sur la sociologie, l’archéologie, l’urbanisme, l’archéologie industrielle etc.

À la lumière de ces considérations, on peut dire que le marché de la photographie des pionniers (1840-1870) a été longtemps pratiquement inexistant : une collection de daguerréotypes, par exemple, était simplement considérée comme l’un des accessoires pour un aménagement d’intérieur kitsch.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°8 du 1 novembre 1994, avec le titre suivant : Le développement de collections

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