Vendredi 27 novembre 2020

Paris 14e

Le bon bilan de la Fondation Cartier

Fondation Cartier pour l’art contemporain Jusqu’au 21 septembre 2014

Par Vincent Delaury · L'ŒIL

Le 22 août 2014 - 331 mots

Le Pouce de César, un film poilant de Pierrick Sorin, la Table Piece sonore de Dennis Oppenheim, le sous-marin de Panamarenko… : pour fêter son trentième printemps, la Fondation Cartier, qui est devenue en trois décennies un poumon essentiel de la vie culturelle hexagonale, propose une expo anniversaire réunissant un ensemble d’œuvres acquises pour enrichir sa collection.

Avec plus de cent expositions et huit cents œuvres créées à son initiative, cette fondation est en effet un lieu de mémoire mais aussi de rencontres, de vie, de découvertes. C’est elle qui la première n’a pas hésité à exposer des artistes échappant aux arts plastiques (Kitano, Lynch, Mœbius, Smith, Varda, etc.) ; c’est aussi elle qui s’est intéressée rapidement à la création non occidentale (Bodys Isek Kingelez, Chéri Samba, Malick Sidibé, etc.) ; c’est encore elle qui, très tôt, a considéré la photographie comme un art à part entière. Aussi, c’est avec beaucoup d’émotion que le visiteur parcourt les différents espaces du bâtiment lumineux de Jean Nouvel (jardin, rez-de-chaussée, sous-sol) pour se rappeler les coups de cœur ou les coups de gueule passés.

Car, ici, il n’y a pas que des pièces phares : si la vitrine du bestiaire surréaliste de Kitano est toujours aussi stimulante pour l’imaginaire, on ne peut pas dire que les Post-it griffonnés de Lynch soient d’un intérêt graphique débordant. Pour autant, dans le parcours, ce sont les rencontres entre les différents champs qui fonctionnent à plein régime : par exemple, la salle du bas, confrontant la monumentale femme endormie de Ron Mueck aux dessins minuscules de Mœbius, est une belle réussite d’accrochage. Et, pour prouver que cette fondation est un lieu des plus dynamiques, les organisateurs ont prévu une exposition en mouvement : en juillet, une série de photographies a remplacé la pièce troublante d’Oppenheim et, à partir de septembre, l’immense sphère dorée de James Lee Byars vient envoûter l’espace. On a hâte de découvrir la suite de la programmation éclectique de ce véritable laboratoire créatif. Vincent Delaury   

« Mémoires vives »

Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261, boulevard Raspail, Paris-14e, www.fondation.cartier.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°671 du 1 septembre 2014, avec le titre suivant : Le bon bilan de la Fondation Cartier

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