Mercredi 19 février 2020

Gravelines (59)

L’atelier de gravure de Françoise Pétrovitch

Musée du dessin et de l’estampe originale, jusqu’au 19 octobre 2014

Par Virginie Duchesne · L'ŒIL

Le 23 septembre 2014 - 310 mots

Au Musée du dessin et de l’estampe originale, Françoise Pétrovitch expose vingt ans de création gravée, dans une salle voûtée et enterrée de cet ancien arsenal du Nord de la France.

Une rétrospective, en quelque sorte, qui ressemble plus à un atelier où l’artiste viendrait incessamment puiser son inspiration, renouveler son répertoire de formes et pousser toujours plus loin sa recherche formelle. Pour Paul Ripoche, directeur du musée et commissaire de l’exposition, la gravure est l’espace idéal de l’expérimentation, et l’exposer permet de voir le verso d’une œuvre peinte, sculptée ou dessinée que l’on connaît bien. Autant dire que la gravure accompagne Françoise Pétrovitch depuis toujours, qui la perçoit comme « un travail continu, un art de la patience, qui ne se trouve pas dans l’urgence de l’exposition ». Un art de l’intime aussi, par les petits formats, où l’on retrouve les thèmes chers à l’artiste : l’enfance, le souvenir, le temps qui passe, toujours à la frontière de l’innocence et de la noirceur. Que se passe-t-il « Après les jeux », questionne le titre de l’exposition ? Les Poupées sont démembrées, énuclées, décapitées, abandonnées, comme les animaux de la ferme en plastique ou ce pauvre Goldorak. Les images du passé, qu’elles soient des photographies noir et blanc (Des mains qui serrent des gants, 2010), des cartes postales anciennes (Vues, 2011) ou des motifs gravés, hantent la salle.

On ne verra pas la série Rouge, en cours depuis 2005 et souvent exposée. Mais une autre série à la pointe sèche attire l’œil, où l’on peine à reconnaître une œuvre de l’artiste : des paysages urbains vides d’humains, contraints par l’espace de la feuille taillée en trapèze ou en triangle. Des espaces pris dans la banlieue de Prague lors d’une résidence, une série quelque peu différente mais, à y regarder de plus près, qui parle toujours de silence et d’effacement, d’après.

« Françoise Pétrovitch. Après les jeux », Musée du dessin et de l’estampe originale, Château, Arsenal, Gravelines (59), tél. 03 28 51 81 00.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°672 du 1 octobre 2014, avec le titre suivant : L’atelier de gravure de Françoise Pétrovitch

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