Dimanche 24 janvier 2021

Luxembourg (Luxembourg)

L’art ramène sa science

Mudam jusqu’au 17 janvier 2016

Par Virginie Duchesne · L'ŒIL

Le 22 octobre 2015 - 335 mots

Le Musée d’art moderne Grand-Duc Jean offre une exposition ambitieuse tant par sa taille que par son thème.

Par sa taille d’abord, car elle occupe l’ensemble du musée, soit trois étages. Par son thème ensuite, car elle trace des espaces de rencontre entre les arts plastiques et les sciences en trois chapitres couvrant quasiment tous les champs, de la mesure du temps au magnétisme, du système solaire à la biologie, sans oublier l’optique et le son. On ne frise pourtant jamais l’overdose tant le sujet est passionnant et la scénographie fluide, tissant des liens subtils entre les instruments de science anciens, issus des réserves du Musée des arts et métiers de Paris, et les œuvres contemporaines. Certaines sont des hommages directs, comme le projet de Piotr Kowalski pour La Défense en 1974 au pendule de Foucault présenté pour la première fois en 1851 à Paris. Raphaël Zarka insuffle, lui, de la poésie dans les théories d’Abraham Sharp. Cet astronome anglais a compilé au XVIIIe siècle toutes les combinaisons pour réaliser des polyèdres dans un cube de bois. Zarka réitère l’expérience sans aller au bout de la découpe de ses Billes de Sharp, qui conservent alors toute la potentialité de ces polyèdres. Plus ludique, le dessinateur Jochen Gerner a recensé les différentes conceptions du temps de quelques individus : en cercle, linéaire ou sinusoïdale selon leur rapport à l’hiver et à l’été, à la semaine de travail et au week-end. L’horloge d’une vie de travail de Julien Berthier rappelle au contraire la monotonie du temps en mesurant les 35 heures par semaine, les treize semaines d’un trimestre et au final les quarante annuités obligatoires. Côté son, le phonographe de Graham Bell, qui diffusait le son au moyen de la lumière, résonne avec les ondes sonores produites à la surface de l’eau dans l’installation de Carsten Nicolai, figure de la scène électro minimale allemande des années 1990. Impossible de passer en revue l’ensemble de cette exposition fascinante et de grande qualité qu’on aimerait voir rejouer à Paris.

« Eppur si Muove »

Musée d’art moderne Grand-Duc Jean, 3, Park Dräi Eechelen, Luxembourg, www.mudam.lu

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°684 du 1 novembre 2015, avec le titre suivant : L’art ramène sa science

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