Mercredi 20 janvier 2021

Paris 16e

L’art de vivre avec des chefs-d’œuvre

Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent jusqu’au 14 février 2016

Par Virginie Duchesne · L'ŒIL

Le 14 décembre 2015 - 344 mots

Pour sa dernière grande exposition avant l’ouverture du musée en 2017, la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent réunit cent vingt chefs-d’œuvre qui ont accompagné la vie de deux grands créateurs français : Jacques Doucet (1853-1929) et Yves Saint Laurent (1936-2008).

Les deux hommes ont partagé une même affinité pour la collection, celle avec laquelle ils vivaient, une même sensibilité pour l’art moderne et le style Art déco. La prouesse a été ici de retrouver la majorité des œuvres dispersées lors des ventes aux enchères ou données aux grandes institutions pour évoquer des intérieurs que peu de personnes ont vus de leur vivant : le studio Saint-James à Neuilly, dernière demeure de Doucet, et le 55, rue de Babylone, où Yves Saint Laurent ne recevait personne. Dans l’espace d’exposition réduit, les commissaires ont réussi à recréer l’intimité des demeures avec subtilité, sans reconstitution forcée, et le dialogue que les œuvres y entretenaient. La pièce d’introduction donne un aperçu immédiat du goût de Jacques Doucet avec la sélection d’une sculpture de Brancusi, d’un Picasso cubiste au-dessus de la table d’Eileen Gray, elle-même en face d’un Bouddha debout. Les plaques de verre Art déco créées par Joseph Csaky pour l’escalier du studio complètent ce décor. Doucet fut le premier acquéreur des Demoiselles d’Avignon. Elles n’ont pas fait le voyage, mais d’autres, oui. La Charmeuse de serpents d’Henri Rousseau surplombe le sofa dessiné par Marcel Coard comme on le voit sur les photographies du salon qui défilent sur écran. À ses pieds, La Muse endormie II de Brancusi. À la vente Doucet en 1972, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent acquièrent notamment Le Revenant De Chirico, qui se trouve dans les pièces suivantes consacrées à leur collection. On y redécouvre les portraits du créateur par Warhol, qui se reflètent dans les miroirs aux branches commandés à Claude Lalanne. Le Picasso cubiste est là aussi, comme la tapisserie L’Adoration des mages par Burne-Jones. « Vivre pour l’art » n’est pas une exposition, mais une ode captivante à l’art de collectionner donnée dans une atmosphère intimiste qui séduira les passionnés.

« Jacques Doucet – Yves Saint Laurent. Vivre pour l’art »

Fondation Yves Saint Laurent, 3, rue Léonce-Reynaud, Paris-16e, www.fondation-pb-ysl.net

Légende photo
Andy Warhol, Portrait of Yves Saint Laurent, 1972, encre sérigraphique sur toile, Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, Paris.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°686 du 1 janvier 2016, avec le titre suivant : L’art de vivre avec des chefs-d’œuvre

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