L’art contemporain en jeu à Turin

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 1 février 2006

Turin va focaliser tous les regards à la faveur des Olympiades mais anticipe déjà sa reconversion en capitale incontournable de l’art contemporain sur l’échiquier mondial.

Turin et le Piémont, en tant que ville et région d’accueil des jeux Olympiques d’hiver 2006, sont sur le pied de guerre depuis plusieurs années avec pas moins de 2 500 chantiers, dont 65 infrastructures pour les jeux, des concours architecturaux d’envergure, la modernisation du réseau de transports urbain, la construction d’une gare. Le budget est tout aussi colossal : 3,5 milliards d’euros.
Un scénario d’anticipation écrirait l’histoire d’une ville exsangue une fois la flamme éteinte, engluée dans les dettes et déprimée après tant d’excitation. Mais Turin a décidé de déjouer les prédictions des pythies.

L’exception culturelle
Pour éviter un syndrome post-partum, le maire Sergio Chiamparino a pour cela tout misé sur la culture. Après le choc de l’effondrement de Fiat, poumon économique de Turin, la cité et ses environs avaient connu des heures noires. Rome et Florence avaient pour atout de charme leur patrimoine, Milan jouait sur la mode. Turin, elle, s’est lancée un défi.
Loin de délaisser les joyaux baroques de Guarino Guarini, ses longues travées d’arcades, son extraordinaire musée égyptien, la ville s’est employée à devenir une ville de culture, d’art contemporain en particulier. Un secteur décrit par le maire comme marginal mais qui devrait garantir une fréquentation touristique de moyenne et haute gamme assez profitable et assurer un rayonnement médiatique de prestige.

Des institutions de choc
Le Castello di Rivoli, dominant la ville vers l’ouest, constitue un phare dans le paysage international artistique, une consécration pour les artistes invités à exposer dans les illustres murs de cette résidence sabaude inachevée datant du XVIIe siècle.
Depuis trois ans, la très puissante fondation Sandretto Re Rebaudengo, du nom de sa bienfaitrice, s’est rapprochée elle aussi de la ville. Patrizia Sandretto est à la tête d’une des plus importantes collections italiennes d’art contemporain et affirme des choix pointus.
Non loin du bâtiment minimal qui abrite les collections et les expositions temporaires de la signora Sandretto, une autre fondation vient d’ouvrir ses portes, en mémoire de l’artiste de l’Arte Povera, Mario Merz. Ajoutez à cela un hiver placé sous le signe des lumières d’artistes comme Jenny Holzer, Daniel Buren ou Michelandelo Pistoletto mais aussi une foire à l’automne (Artissima) et une nouvelle Triennale, Turin emprunte tout schuss les pistes de la victoire.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°577 du 1 février 2006, avec le titre suivant : L’art contemporain en jeu à Turin

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