Mercredi 14 novembre 2018

Fouilles

L’archéologie sur les rails

Le Journal des Arts

Le 27 juillet 2007 - 501 mots

Une exposition au Musée Lorrain, à Nancy, rend compte du travail mené par l’Inrap
de 2002 à 2004 sous le tracé de la Ligne à Grande Vitesse Est-européenne.

 NANCY - Le Musée Lorrain à Nancy se pose en vitrine des fouilles menées par l’Inrap (l’Institut national de recherches archéologiques préventives) de 2002 à 2004 sur le tracé de la Ligne à Grande Vitesse Est-européenne. Des vestiges témoignant de cent mille ans d’histoire humaine, du paléolithique à l’époque moderne, ont été découverts sur le tissu archéologique couvrant ces 300 kilomètres, entre la Seine-et-Marne et la Moselle.
Au risque de décevoir certains, l’exposition privilégie davantage les aspects techniques de l’archéologie préventive plutôt que la présentation d’objets découverts lors de ces recherches.
Ainsi, sur le site de Prény, les travaux ont-ils permis de préciser les connaissances sur l’Âge du Bronze, l’Antiquité et le haut Moyen Âge dans le bassin de la Moselle.

Vulgarisation scientifique
Dans l’exposition, des dispositifs ludiques ont vocation à rendre un contenu scientifique pointu accessible à tous. Une borne interactive invite à cibler un espace géographique précis, tandis que des ateliers pédagogiques initient aux méthodes mises en œuvre sur les images de terrain diffusées par les films. Le parcours, clair et aéré, opère une mise en contexte géographique et chronologique – atlas des principaux sites, table du temps –, avant d’aborder les chapitres thématiques. Le visiteur est alors confronté aux techniques de la micromorphologie, palynologie ou encore carpologie. L’étude des sédiments, des pollens, des graines et des fruits joue, en effet, un rôle d’indicateur de l’environnement d’une époque et des pratiques agricoles et alimentaires humaines. Les comparaisons topographiques passées et actuelles permettent également d’interpréter les traces de l’activité de l’homme sur son territoire, tandis que la mutation de son mode de vie transparaît à travers les changements de « manières d’habiter ». Une évolution que mettent en évidence les maquettes de la maison néolithique de Dampierre-le-Château, dont les trous de poteaux témoignent des débuts de la sédentarisation ou des établissements ruraux gallo-romains en pierres de Luppy ou Cuperly. Enfin, l’archéologie funéraire, avec ses enseignements sur les façons d’honorer les morts à travers le temps, occupe la salle des nécropoles.
Le propos est servi par une scénographie réalisée par Zette Cazalas pour faciliter les déplacements de cette exposition itinérante, présentée déjà au Musée des beaux-arts et d’archéologie de Châlons-en-Champagne, et appelée à rejoindre trois autres établissements. L’ensemble est conçu pour inviter à une réflexion sur les notions de progrès et de développement durable, par la mise en évidence de l’action sur le long terme de l’homme sur le paysage. L’exposition montre enfin l’importance de ces fouilles liées aux grands travaux pour faire progresser la connaissance des civilisations qui nous ont précédés.

SOUS LES RAILS

- Commissaires : Isabelle Catteddu, Inrap ; Éliane Mazeran, Réseau ferré de France ; Anne Nissen Jaubert, Inrap et université François Rabelais, Tours ; Jan Vanmoerkerke, Drac Champagne-Ardenne ; Martine Volf, Inrap ; Thierry Dechezleprêtre, conservateur du Musée Lorrain - Nombre de salles : 5 - Scénographie : Zette Cazalas

100 000 ANS SOUS LES RAILS

Jusqu’au 19 mars, Musée Lorrain, 64, Grande Rue, 54000 Nancy, tél. 03 83 32 18 74, tlj sauf mardi, 10h-12h30 et 14h-18h. Catalogue, 136 p., Somogy éditions d’art, 30 euros, ISBN 2-7572-0006-2.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°252 du 2 février 2007, avec le titre suivant : L’archéologie sur les rails

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