Saint-Rémy-de-Provence (13)

L’anniversaire de Prassinos

Mario Prassinos, le peintre des collines Jusqu’au 18 septembre 2016

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 18 août 2016

Mario Prassinos était pourvu d’un talent protéiforme qui lui a fait embrasser de multiples disciplines avec une égale rigueur.

Il a été céramiste, graveur, il a illustré de nombreux ouvrages (Queneau, Poe, Sartre) ; il a été créateur de cartons de tapisseries, sculpteur, scénographe – il a travaillé avec Jean Vilar dans de très nombreuses scénographies –; il a connu tous les grands noms du surréalisme de l’époque, il a écrit plusieurs ouvrages (Les Prétextats, La Colline tatouée…), mais il fut avant tout un grand peintre. Le Musée Estrine de Saint-Rémy-de-Provence, où une partie de la donation est déposée, lui rend un bel hommage pour le centième anniversaire de sa naissance, dans une exposition qui fait écho à de nombreuses autres, notamment celle du Musée des Alpilles qui présente dans son cabinet d’arts graphiques une sélection d’estampes de l’artiste. Mario Prassinos a vécu cinquante et un ans à Eygalières et, comme une évidence, la Provence a été le pivot de son œuvre. Il a entrepris un long dialogue avec les collines environnantes qu’il a « couvertes d’images ». La peinture quotidienne de ces collines lui a inspiré une nouvelle écriture simplifiée et une technique, celle de l’aspersion – proche de celle de Pollock – qui consiste en une projection de gouttes de peinture sur la toile, sans contact avec celle-ci. Des giclées de petites taches… Le hasard des projections qui décide de l’apparition sur la toile d’arbres, de paysages, de lointains, de ciels… Mélangeant portraits et paysages, les deux genres traités par Mario Prassinos, l’exposition revient sur le parcours de cet artiste un temps rattaché au Surréalisme et qui a traversé le XXe siècle en imprimant son écriture texturale noire et blanche à la croisée « de la modernité du cinéma, de la musique de jazz et de l’art oriental ». Quelques magnifiques toiles surréalistes, une salle blanche et une salle noire aux couleurs de son écriture plastique, c’est ainsi que s’organise le parcours de l’étage dédié aux expositions temporaires. Dans la dernière salle, l’immense et magnifique tapisserie La Colline d’Eygalières prêtée par le Mobilier national répond à la Grande Colline de 1968.

Mario Prassinos 100 ans ! Portraits et paysages dans les collections provençales

Musée Estrine, 8, rue Estrine, Saint-Rémy-de-Provence (13), musee-estrine.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°693 du 1 septembre 2016, avec le titre suivant : L’anniversaire de Prassinos

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