Samedi 24 février 2018

Musée du Quai Branly, Paris. Jusqu’au 3 octobre 2010

L’Afrique au fil de l’eau

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 18 juin 2010

Il fallait l’ample vision de François Neyt pour concevoir la nouvelle exposition du musée du Quai Branly, « Fleuve Congo ».

Ce sont en effet les fleuves, le Congo et l’Ogooué, qui unissent en un immense ensemble le Gabon, le Congo-Brazzaville et le Congo-Kinshasa. D’innombrables peuples y ont vécu, riches chacun de leurs traditions mais unis par des liens artistiques très forts. On les découvre à travers trois thèmes fondamentaux, trois itinéraires.

Dans un premier temps, on assiste à un long défilé de masques, une revue d’ouest en est, des Fang et Kwélé aux Léga. Rien de monotone, car ces masques, tous plus ou moins en forme de cœur, sont parmi les plus beaux que l’Afrique ait produits. Une beauté paisible faite de pureté et d’harmonie des formes. Beauté mystérieuse qui vous laisse sans voix. Ils étaient créés en référence aux esprits pour éclairer les événements fondateurs du passé d’un peuple et annoncer de nouveaux espoirs durant des rituels mêlant musique et danse.

Le deuxième thème abordé concerne les ancêtres, et les cultes familiaux. On recherche leur protection, on les redoute aussi. On conserve leurs crânes et certains os dans des reliquaires, selon les traditions de chaque peuple. Pour les Mbédé ces vestiges sont contenus dans des statues-reliquaires. Les Fang placent les ossements dans une boîte servant de socle à une statue. Chez les Kota le panier des reliques est surmonté d’une tête couverte de métal sur un corps réduit à un losange. Chez les Mahongwé, l’ancêtre apparaît comme un esprit jailli du panier de reliques. Visage couvert de lames de métal, pas de bouche, le mystère est palpable. On est devant l’une des créations les plus remarquables des arts d’Afrique.

Le troisième thème campe la femme face aux hommes. Vénérée ou humiliée, féconde et nourricière, elle tient un enfant. Garante de la transmission de la vie, elle est liée au mystère de la régénération de la terre, à l’agriculture. C’est chez les Luba que son image variée à l’infini atteint sa perfection.

« Fleuve Congo. Arts d’Afrique centrale », musée du Quai Branly, 37, quai Branly, Paris VIIe, www.quaibranly.fr, jusqu’au 3 octobre 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°626 du 1 juillet 2010, avec le titre suivant : L’Afrique au fil de l’eau

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