Lacroix exposition cousue main

Par Bérénice Geoffroy-Schneiter · L'ŒIL

Le 28 janvier 2008

Grâce une sélection drastique opérée dans les collections des Arts décoratifs, le couturier Christian Lacroix dévoile son histoire subjective de la mode et signe une manière d’autoportrait...

 Ceci n’est pas une exposition... C’est un jeu de miroirs, ou plutôt une partie de saute-mouton à travers les époques, les textures, les motifs, les silhouettes, les costumes... Et l’apprenti alchimiste qui a concocté cet élixir de fantaisie et de jeunesse n’est autre que le couturier Christian Lacroix, qui s’en est manifestement donné à cœur joie.
L’aubaine, il est vrai, était grande... Invité à concevoir une exposition en puisant dans les vertigineuses collections de mode et de textile des Arts décoratifs, l’Arlésien a passé au peigne fin les réserves pour brosser « son » histoire idéale de la mode, et offrir au visiteur « son » musée imaginaire. Le résultat est tout simplement époustouflant de grâce et de poésie...

L’histoire de la mode vue à travers l’aiguille du créateur
Loin d’avaler une indigeste potion historicisante, le visiteur butine de pièce en pièce et devine soudain des affinités électives au-delà des siècles et des créateurs. Car ces quatre cents vêtements scrupuleusement choisis par le couturier selon les thèmes et les motifs qu’il affectionne provoquent, entre eux, des télescopages insoupçonnés, et redessinent une histoire de la mode
sensuelle et subjective tout à la fois. En regard, quatre-vingts modèles de haute couture signés Christian Lacroix ponctuent le parcours, tissant des passerelles entre passé et présent.
Rien de présomptueux, cependant, dans la démarche du couturier. Ni rétrospective, ni hagiographie, l’exposition des Arts décoratifs a des allures de « work in progress ». En témoignent ces silhouettes de fantaisie mêlant, de façon stimulante, pièces historiques appartenant aux collections du musée et créations nées de l’imagination débridée de Christian Lacroix en personne.
On l’aura compris... En s’égarant, tel le lapin blanc d’Alice, au pays des carreaux, des rayures, des pois, des tweeds, des fleurs et des dentelles, le visiteur s’abîme dans les fantasmes et la douce folie d’un des plus grands couturiers de ce siècle. L’un des plus érudits aussi. N’envisagea-t-il pas, jeune homme, d’être conservateur de musée ? Un rêve désormais exaucé, le temps éphémère de cette bien séduisante exposition...

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°599 du 1 février 2008, avec le titre suivant : Lacroix exposition cousue main

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