Dimanche 22 septembre 2019

Cité de l’architecture et du patrimoine

La ville archi… dessinée

Jusqu’au 28 novembre 2010

Par Christian Simenc · L'ŒIL

Le 23 août 2010 - 471 mots

On savait la ville un formidable terrain de jeux pour la bande dessinée, en particulier pour Batman, Daredevil ou Superman. Cette exposition intitulée « Archi & BD. La ville dessinée » en est une parfaite illustration.

Déployée sur près de 1 000 m2 dans une scénographie « gonflée » – au sens propre, puisqu’une longue membrane de PVC ondulée fait office de cimaise – de l’agence Projectiles, celle-ci réunit quelque cent vingt auteurs et trois cent cinquante pièces : planches de BD, couvertures de magazines, dessins d’architectes, maquettes et films, dont près de deux tiers d’originaux. Objectif : mettre au jour les liens existants entre l’architecture et le « 9e art ». 

Outre la représentation de la ville, le parcours aborde ainsi d’autres problématiques comme le voyage, l’apparition du design ou la présence de l’Histoire. Il se focalise néanmoins sur le XXe siècle, s’ouvrant sur une métropole à l’esthétique audacieuse : celle imaginée par l’Américain Winsor McCay, dans laquelle déambule Little Nemo, son personnage fétiche aux allures de Pierrot lunaire. 

Puis défilent, entre autres, cette fameuse Amérique à l’orée des années 1940, truffée de super-héros, la Bruxelles de l’Expo 1958 et les adeptes de la « ligne claire » – Hergé et consorts – influencés par la modernité en marche et par la conquête de l’espace, les périples utopiques des années 1970-1980, l’après-1989, date de la chute du mur de Berlin, qui sonne le glas des utopies et de l’optimisme de la modernité, et, enfin, à partir des années 1990, les récits plus intimistes, voire autobiographiques, genre « carnets de voyage », tel ce Tokyo est mon jardin du dessinateur Frédéric Boilet.

Au cœur de cette présentation historique s’intercalent maquettes ou dessins d’architectes, comme cette esquisse Verso eco-metropolis : Eliopolis signée par l’architecte italien Aldo Rossi ou cette maquette de Claude Parent pour la maison-habitacle d’André Bloc, façon demeure des Barbapapa… Parfois les rapprochements sont plus évidents. Ainsi en est-il de la base de vie sous-marine Galathée de l’architecte Jacques Rougerie mise en miroir avec les cités fantastiques « croquées » par Moebius et parcourues par le détective privé John Difool (L’Incal noir). 

Mais l’architecture des architectes se dissipe peu à peu dans les bulles (de BD) et les « planches » prennent le dessus sur les perspectives des maîtres d’œuvre. Ne reste plus alors qu’à goûter à la virtuosité de certains dessinateurs, tel l’Américain Chris Ware et ses Lost Buildings, édifices emblématiques de Chicago. Ou ce quatuor en plume majeure composé de Loustal, Jean-Claude Götting, François Avril et Juillard, dessinateurs qui offrent de singuliers et somptueux regards sur la célèbre maison de verre de Pierre Chareau. Un bijou de portfolio.

Voir

« Archi & BD. La ville dessinée », Cité de l’architecture et du patrimoine, 1, place du Trocadéro Paris (XVIe), tél. 01 58 51 52 00, jusqu’au 28 novembre 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°627 du 1 septembre 2010, avec le titre suivant : La ville archi… dessinée

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