Vendredi 16 novembre 2018

La mémoire retrouvée des Arts déco

L'ŒIL

Le 1 février 2003 - 519 mots

Le résultat s’est fait attendre mais il est à la hauteur : la Bibliothèque des arts décoratifs a rouvert ses portes au public le 10 décembre dernier, après six années de fermeture. Entièrement rénovée – à l’identique avec un mobilier d’origine restauré –, la salle de lecture a retrouvé son atmosphère feutrée et chaleureuse. Un lieu de mémoire et de connaissance où anciens habitués et nouveaux curieux viennent trouver, au calme, tout ce qu’ils cherchent sur les arts décoratifs, mais aussi sur l’art en général. Car l’un des objectifs de cette bibliothèque est de s’adresser à tous. Et ce, depuis sa création en 1864, par l’Union centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie, qui regroupait alors des artistes et des industriels désireux « d’entretenir en France la culture des arts qui poursuivent la réalisation du beau dans l’utile ». La bibliothèque est d’abord installée place des Vosges, avant de déménager, en 1904, rue de Rivoli, au pavillon de Marsan. Un siècle plus tard, les collections se sont considérablement enrichies et intéressent un public toujours plus large d’étudiants, chercheurs, experts, commissaires-priseurs, architectes, designers, graphistes, stylistes, décorateurs... L’accueil est convivial, l’accès gratuit et le système informatique fonctionne... Que demander de plus ? La rénovation du lieu s’inscrit dans un programme plus vaste concernant les espaces de l’Union centrale des arts décoratifs qui devrait aboutir, début 2005, à la réouverture du musée des Arts décoratifs. Si la salle de lecture n’a pas changé, à l’exception de l’éclairage qui a été modernisé, trois salles adjacentes ont été créées sous les voûtes. La première est consacrée aux revues spécialisées (avec une centaine de titres), aux périodiques et aux ouvrages de référence, la deuxième offre dix-huit postes informatiques destinés à la recherche bibliographique. La dernière, plus intime – six places seulement –, sorte de « cabinet de l’amateur », est réservée à la consultation des livres rares et précieux.
Le fonds de la bibliothèque rassemble cent vingt mille ouvrages, livres, catalogues de ventes et d’expositions, comptes-rendus de Salons, et couvre toutes les périodes du XVIe siècle à nos jours, en abordant les multiples domaines des arts décoratifs comme le stylisme, le graphisme, le design, mais aussi la publicité, l’art des jardins, l’urbanisme ou l’architecture. Une collection unique à laquelle viennent s’ajouter les cinq mille albums iconographiques de la collection Maciet, classés et rangés dans la salle de lecture, en libre accès. Ces ouvrages, qui font par ailleurs l’objet d’une publication
(Le Vertige des images), font à eux seuls l’originalité et la richesse de la bibliothèque. Entre 1885 et 1911, Jules Maciet collectionne toute sorte de documents, des gravures, des photographies, qu’il classe de façon chronologique et thématique dans de grands albums, avec le souci de constituer, en un gigantesque collage, une sorte d’encyclopédie visuelle à l’usage des artistes et des artisans. Aujourd’hui, cette source documentaire inépuisable d’un million d’images pose des problèmes de conservation et les ouvrages vont, petit à petit, être numérisés. Une entreprise colossale, preuve que cette bibliothèque, l’une des plus anciennes de Paris, est résolument tournée vers l’avenir.

PARIS, Bibliothèque des arts décoratifs, 111, rue de Rivoli, tél. 01 44 55 59 36.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°544 du 1 février 2003, avec le titre suivant : La mémoire retrouvée des Arts déco

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