Dimanche 23 février 2020

Chantilly (60)

La librairie royale de François Ier

Salle du Jeu de paume, Domaine de Chantilly jusqu’au 7 décembre 2015

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 23 septembre 2015 - 314 mots

François Ier à Chantilly, c’est en quelque sorte la revanche de deux « loosers » magnifiques. D’un côté, le roi emblématique de la Renaissance dont le règne, à l’exception de Marignan, n’a été en définitive qu’une succession d’échecs politiques et militaires.

De l’autre côté, le duc d’Aumale, dernier fils du roi Louis-Philippe, qui a subi un interminable exil. Tous deux ont en commun d’avoir tenté de sauver leur règne par les arts. Après l’humiliante défaite de Pavie, et la captivité du monarque puis de ses fils, François Ier a littéralement surinvesti la sphère culturelle pour se façonner une nouvelle image, celle d’ami des arts et de protecteur des lettres. Ce faisant, il a impulsé un mécénat sans précédent et institué de riches collections d’art et de manuscrits. Le duc d’Aumale a quant à lui fait de son château l’écrin de luxueuses collections de tableaux et de livres précieux. À commencer par les livres du roi, seconde collection d’ouvrages ayant appartenu à François Ier après celle de la BnF. Cet ensemble constitue le cœur de l’exposition qui dévoile les pépites de la Librairie royale, dont le Diodore de Sicile enluminé par Noël Bellemare et les Guerres galliques réalisés par Godefroy le Batave. La reconstitution de la bibliothèque, servie par une élégante scénographie, fournit une démonstration flamboyante de l’ambition culturelle du monarque, tant par la qualité des pièces enluminées que par le raffinement des reliures. Autour de cette section, qui ravira tout bibliophile, l’exposition présente d’autres pièces de choix issues du Musée Condé, dont les sublimes dessins des Clouet. Ces portraits font judicieusement pendant aux tableaux qui en découlent, notamment l’effigie officielle du roi ou un bel émail de Léonard Limosin. L’autre point fort est l’évocation des œuvres maîtresses disparues, notamment les décors commandés par le roi dont témoignent les magnifiques dessins du Primatice. Seul bémol, ce parcours dense et érudit pèche parfois par un manque de médiation.

« Le siècle de François Ier », salle du Jeu de paume, Domaine de Chantilly, Chantilly (60), www.domainedechantilly.com

Légende photo
Diodore de Sicile, trois premiers livres, 1534, bibliothèque de Chantilly.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°683 du 1 octobre 2015, avec le titre suivant : La librairie royale de François Ier

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