À la bolonaise

Gaetano et Ubaldo Gandolfi à Cento

Le Journal des Arts

Le 19 avril 2002

Derniers représentants notoires de l’école bolonaise dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les peintres Ubaldo (1728-1781) et Gaetano Gandolfi (1734-1802) font l’objet d’une exposition croisée en Italie, à Cento, dans l’ancienne église des jésuites.

CENTO (de notre correspondante) - À l’époque où s’élève l’église des jésuites sur des plans de l’architecte Pietro Alberto Cavalieri, les frères Gandolfi peignent de somptueux retables pour les églises et les basiliques de l’État pontifical, honorant les anciens cultes à l’époque remis en question, mais dont ils transmettaient encore l’image, avec conviction, par le biais d’une peinture éblouissante et concrète. L’exposition “Gaetano et Ubaldo Gandolfi. Œuvres choisies” a été confiée à la spécialiste incontestée de ce domaine, Donatella Biagi Maino, auteur de deux monographies sur ces peintres. Experte aguerrie de l’art du XVIIIe siècle, elle a obtenu le concours du maître du design italien Dino Gavina qui, pour la première fois dans sa carrière, a travaillé pour une exposition d’art ancien. Gavina a souhaité exploiter au maximum l’espace architectural scénographique de l’église et l’éclairage grâce aux nombreuses sources de lumière. Les œuvres des deux peintres sont exposées de façon à dessiner à la fois un parallèle et un itinéraire indépendant pour chaque artiste, dont les parcours sont très distincts, mais restent comparables par leurs sujets et la chronologie. Des musées italiens et étrangers ainsi que des collectionneurs privés ont généreusement contribué à la réussite de cette entreprise. L’exposition présente côte à côte de solennelles peintures sacrées provenant d’églises de la région de Bologne et des œuvres éclectiques, des contes profanes aussi intrigants que séduisants et d’exceptionnelles études de caractère, chefs-d’œuvre des Gandolfi mais aussi de la peinture du XVIIIe siècle. Ici est mise en évidence l’extraordinaire capacité des deux peintres – surtout Gaetano – à adapter un talent multiforme à la nécessité du récit, du moment, de la commande, sans jamais trahir, par inspiration ou par culture, la tradition d’une école, celle de Bologne. Celle-ci est alors l’une des plus grandes d’Europe et, avec Gaetano Gandolfi, s’exprime à travers son dernier et très grand interprète.

- Gaetano et Ubaldo Gandolfi. Œuvres choisies, jusqu’au 16 juin, Auditorium San Lorenzo, via Guercino, Cento, Italie, tél. 39 051 96 433 90, tlj sauf lundi 9h30-12h30 et 15h30-18h30.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°147 du 19 avril 2002, avec le titre suivant : À la bolonaise

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