Dimanche 22 juillet 2018

La Biennale parie sur un nouveau millésime

Par Marie Maertens · L'ŒIL

Le 1 septembre 2006 - 451 mots

Si la Biennale a toujours été une foire généraliste, elle n’accueillait qu’au compte-gouttes les exposants de mobiliers et toiles au-delà de 1900. Cette année, le xxe renforce singulièrement sa présence.

Les galeristes spécialisés en mobilier des années 1950 font cette année une entrée remarquée. Jousse Entreprise, par exemple, décline la forme libre si caractéristique de cette période, avec un bureau de chêne et d’aluminium de Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret. Éric Touchaleaume, de la Galerie 54, a choisi la rigueur de Jean Prouvé. Ce ne sont pas seulement des fauteuils qui sont présentés, mais des « machines à s’asseoir » des années 1930-1940, alliant fonctionnalisme, confort et épure de la forme.

Le mobilier
Chez Downtown, on ne peut qu’avoir envie de se prélasser dans le canapé Ours polaire de Jean Royère, auquel François Laffanour a adjoint un fauteuil d’amphithéâtre réalisé par Jean Prouvé en 1953 pour la fac d’Aix-en-Provence. La tablette pivotante emboîtée dans l’assise compose le parfait équipement de l’étudiant pour un minimum de place !
Patrick Seguin dévoile pour sa part des éléments du mobilier réalisé par Le Corbusier et Pierre Jeanneret pour les bâtiments publics de la ville de Chandigarh. On peut ainsi s’offrir, from India, lampes, tables éclairantes, chaises et même une plaque d’égout (eh oui !). Plus sophistiqué, Arc en Seine propose une paire de tables en marqueterie d’ivoire imaginée en 1938 par Jean-Michel Frank pour la demeure qu’occupait Rockefeller sur la 5e Avenue. Frank que l’on retrouve à la galerie Vallois avec une trentaine de pièces.

La peinture
La Biennale réserve aussi de beaux iné­dits dans les tableaux et dessins modernes. Anisabelle Bérès présente un intemporel Portrait de Femme de la période bleue de Picasso. Et il ne faut pas passer à côté de la série d’élégantes œuvres sur papier de Kupka à la galerie Le Minotaure ou du one-man-show consacré par Larock Granoff à Georges Rouault. Une douzaine de portraits de Christ, de femmes ou des paysages des années 1945-1950 se déclinent dans une facture très « matiériste ».
Les galeries étrangères apportent pour leur part la surprise des tableaux les plus contemporains : Rothko, Franz Kline et Warhol sont chez l’américaine L & M Arts, et l’italienne Moretti dévoile un Concetto spaziale de Lucio Fontana. Calder est aussi exhibé chez Antoine Laurentin. À quand les œuvres du xxie siècle à la Biennale ?

Autour de l’exposition

Informations pratiques La XXIIIe Biennale des antiquaires sera ouverte tous les jours, du 15 au 24 septembre, de 11 h à 23 h. Sous les verrières du Grand Palais, 111 exposants présenteront plus de 7 000 objets d’art traversant plus de 3 millénaires. Grand Palais, avenue Winston Churchill, Paris VIIIe. Tarif : 15 €. Tél. 01 44 51 74 74, www.biennaledesantiquaires.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°583 du 1 septembre 2006, avec le titre suivant : La Biennale parie sur un nouveau millésime

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