Mardi 22 septembre 2020

Marseille (13)

La base du vêtement

MuCEM - Jusqu’au 6 décembre 2020

Par Christian Simenc · L'ŒIL

Le 31 août 2020 - 329 mots

Rares sont les habits qui, au fil du temps, s’imposent comme des basiques. Au MuCEM, à Marseille, l’exposition « Vêtements modèles » met l’accent sur cinq d’entre eux : le débardeur, le jogging, le bleu de travail, le kilt et l’espadrille.
Se déploient 200 pièces : dessin, peinture, photographie, film, prêt-à-porter et haute couture. Chacun des vêtements élus – dont un exemplaire, exhibé en hauteur, tourne sur lui-même – fait l’objet d’une saga de son évolution, depuis la réponse à un usage jusqu’à l’accession au statut d’accessoire de mode, histoire de décrypter les « secrets » de sa durabilité. Passionnante est la manière dont ceux-ci se popularisent. Ainsi du débardeur, notamment au cinéma, comme celui porté par Marlon Brando dans Un tramway nommé désir (Elia Kazan, 1951). Des clichés en noir et blanc exhibent des « Monsieur Muscle » ou le peintre Foujita, vêtus du fameux maillot décolleté sans manches. À Juan-les-Pins, Jacques-Henri Lartigue, lui, photographie sa muse, Renée Perle, qui le porte sans soutien-gorge, symbole dans les années 1930 de la libération du corps. Idem avec l’espadrille, jadis soulier d’ouvrier agricole, qui obtint les faveurs de Salvador Dalí. Né dans les Highlands écossais au XVIe siècle puis adulé par le Swinging London ou par le mouvement punk, le kilt est réinterprété par la maison Comme des Garçons, avec cette « robe » détonante en tartan (collection printemps-été 2017) montrée ici. Le jogging, dont l’ancêtre n’est autre que le caleçon long, glisse, lui, du privé au public avec la complicité de contre-cultures comme le hip-hop ou le rap. Veste de coton au tissage serré née au mitan du XIXe siècle, le « bleu », enfin, est l’archétype du vêtement de travail. Certains spécimens ont été portés, d’où ces accrocs reprisés et autres « traces d’usage » un brin émouvants. En regard, parade, dans une vitrine, une figurine à l’effigie de Super Mario, mascotte du jeu vidéo éponyme flanquée de sa célèbre… salopette bleue. À ces cinq accessoires s’ajoute, pour la visite, un sixième, dont le port est obligatoire : le masque.
« Vêtements modèles »,
MuCEM, 1, esplanade du J4, Marseille (13), www.mucem.org

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°736 du 1 septembre 2020, avec le titre suivant : La base du vêtement

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