musée

Jenny Holzer, le langage des maux

L'ŒIL

Le 1 juillet 2001 - 266 mots

Pour sa première grande exposition en France, l’Américaine Jenny Holzer a choisi d’investir le CapcMusée de Bordeaux. Née en 1950, cette artiste de renom international, première femme a avoir été recompensée par le Lion d’or lors de la 44e Biennale de Venise, met l’écriture au service de son engagement artistique et politique. Elle commence dans les années 70 par placarder sur les murs autour de Manhattan ses Truisms imprimés sur des posters. Elle les expose ensuite dans la vitrine d’une boutique qu’elle tient dans le Bronx, avant de les reproduire sur des tee-shirts. « Je voulais faire des choses publiques dans un environnement urbain », explique-t-elle. Au début des années 80, son discours se fait plus véhément. Nouvelle campagne d’affichage avec les Inflammatory Essays qui livrent ses réflections à la lecture d’Emma Goldman, Adolph Hitler, Mao Tse Toung ou Léon Trotsky. Bancs de granit, sarcophages de marbre ou d’onyx, plaques commémoratives, épiderme recueillent bientôt ses pensées face à la guerre, à la Shoa, au sida. L’exposition du Capc se présente comme le pendant de l’œuvre présentée récemment à la Neue National Galerie de Berlin. Tandis que celle-ci invitait les visiteurs à lever les yeux au ciel pour découvrir des bandes de panneaux électroniques lumineux, il s’agit ici, du haut des mezzanines, de les plonger dans la nef afin de découvrir ses sentences, truismes et aphorismes qui reposent sur le sol. L’exposition se prolonge par une projection de textes sur des bâtiments qui longent les quais de la Garonne.

- BORDEAUX, CapcMusée d’Art contemporain, Entrepôt, 7, rue Ferrère, tél. 05 56 00 81 50, 1er juin-30 septembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°528 du 1 juillet 2001, avec le titre suivant : Jenny Holzer, le langage des maux

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