Dimanche 25 février 2018

Jeanne Susplugas - Trafic en tout sens

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 22 janvier 2009

Le monde est malade. Jamais les dépenses de santé n’ont coûté aussi cher et la société humaine est confrontée de plus en plus au problème dramatique de l’addiction.

Pour ajouter à la situation, un trafic de médicaments dont on ne mesure pas toujours l’importance, ni ce qu’il occasionne de dégâts auprès des populations qui en sont victimes, s’est développé parallèlement à l’économie médicamenteuse. Depuis le début de sa jeune carrière, Jeanne Susplugas s’est intéressée à tous ces problèmes et à leur iconographie. Sans ostentation particulière et en réfutant toute posture militante.
Si l’usage que fait l’artiste du médicament est exclusivement esthétique, elle ne l’érige pas moins pour autant en symbole d’une époque qui ne peut s’en passer et qui en a fait un bien de consommation courante. Elle le détourne volontiers pour en déduire toutes sortes de compositions qui agissent comme autant de métaphores singulières et significatives. Comme d’autres usent des images de pub, des figures de stars et des chiffres de la bourse.
Constituée de dessins, de photos, de sculptures et d’une installation, sa dernière livraison à la galerie Schirman & De Beaucé s’appuie sur l’idée générique de « trafic ». Cela lui permet de jouer sur plusieurs tableaux puisqu’il s’agit aussi bien de parler de trafic du sens que de circulation honteuse. « Art is a guaranty of sanity », affirme Louise Bourgeois. La démarche artistique de Jeanne Susplugas opère dans le même sens.

A voir

« Jeanne Susplugas », galerie Schirman & De Beaucé, 7 bis-9, rue du Perche, Paris IIIe, www.schirman-debeauce.com, du 3 février au 27 mars 2009.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°610 du 1 février 2009, avec le titre suivant : Jeanne Susplugas - Trafic en tout sens

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