Lundi 17 décembre 2018

Jan Fabre, l’insectisation du réel

L'ŒIL

Le 1 octobre 1999 - 260 mots

Jan Fabre (artiste belge, né à Anvers en 1958) est surtout connu dans le monde du théâtre, où il commence au début des années 80 – nombre de ses spectacles ont d’ailleurs été montés au Théâtre de la Ville de Paris – mais il est aussi plasticien. Après l’œuvre dénommée Bic-Art – des dessins et des peintures réalisés avec des stylos Bic de couleur bleue –, il réalise d’inquiétants objets ou formes organiques, on ne sait trop, à l’aide de scarabées aux couleurs bleues profondes, aux reflets brillants noirs et verts. Ainsi, un manteau, une croix, un urinoir, ou encore un sacrum humain, sont recouverts par des scarabées qui suivent les contours de ces objets, ou parfois les prolongent, tel l’œuvre Queue (1999), sacrum accroché au mur et duquel pend une sorte de colonne vertébrale faite de scarabées.
L’idée plus ou moins angoissante – véhiculée par les récits ou les films fantastiques, ou encore par nos rêves – que les insectes envahissent la planète et dévorent tout, n’a pas besoin d’être poussée très loin : de fait, les insectes sont déjà le plus grand groupe du monde animal.
Mais ce qui intéresse avant tout Jan Fabre, ce sont les liens, métaphoriques ou réels, qui peuvent s’établir entre diverses réalités, parfois très éloignées, mais qui ont en commun une certaine organicité. Et lorsque ce n’est pas le cas, les scarabées se chargent de rendre organique le réel en se répandant sur lui, comme pour lui redonner une seconde vie.

GENÈVE, galerie Bärtschi, jusqu’au 20 novembre et OIRON, château, jusqu’au 28 novembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°510 du 1 octobre 1999, avec le titre suivant : Jan Fabre, l’insectisation du réel

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