James Ensor l’Anglophile

Le peintre belge était proche de Turner

Le Journal des Arts

Le 10 octobre 1997 - 393 mots

Avant la grande manifestation de Bruxelles célébrant le cinquantenaire de sa mort, en 1999, la Barbican Art Gallery explore la passion de James Ensor pour la peinture de paysage et la caricature anglaises du XIXe siècle, et présente 140 peintures, gravures et dessins qui révèlent la proche parenté d’Ensor avec l’art anglais, tout particulièrement avec les \"visions atmosphériques\" d’un Turner.

LONDRES (de notre correspondante). Carol Brown, commissaire de l’exposition, souhaite mieux faire connaître l’artiste expressionniste belge en Grande-Bretagne, où une seule de ses œuvres figure dans une collection publique. La dernière rétrospective Ensor en Angleterre date de 1946, à la National Gallery, la Royal Academy ayant monté une exposition de moindre importance en 1971. S’il est rarement venu en Angleterre, il a acquis dans les magazines d’art l’essentiel de ses connaissances sur Turner, Consta­ble, Hogarth, Gillray et Row­landson. Au début de sa carrière, Ensor est un anarchiste – il finira baron, anobli par le roi Léopold. Il fonde en 1883 le Groupe des XX, avec en autres les peintres Fernand Knopff et Willy Finch, refusant à Seurat et Whistler de se joindre à eux car il considère leur approche de l’art comme trop rationnelle. Le parcours est thématique : les caricatures de ses débuts à Ostende – telle cette gravure macabre où il se représente en squelette ; ses dessins visionnaires de la série des Auréoles du Christ ou les sensibilités de la lumière, où il s’identifie avec le corps du Christ en croix et superpose l’imagerie religieuse à la vie quotidienne en Belgique. L’un des clous de l’exposition est une rare gravure tirée de son chef-d’œuvre, L’Entrée du Christ à Bruxelles, dans laquelle allégorie religieuse, critique sociale et politique et scènes de carnaval se mêlent dans une explosion de couleurs. La Grève et Le Gendarme témoignent de l’engagement de l’artiste aux côtés des mineurs belges lors des conflits de l’époque ; d’autres œuvres, plus satiriques, dénoncent Les mauvais docteurs. Mais ce sont les scènes de Carnaval – pour Ensor une métaphore de notre société – qui sont au cœur de son œuvre : Le théâtre des mas­ques, La Mort et les masques  en illustrent les aspects tragi-comiques.

JAMES ENSOR : 1860-1949, jusqu’au 14 décembre, Barbican Art Gallery, Barbican Centre, Level 3, Londres, tél. 44 171 382 71 05, tlj 10h-18h45, mercredi 10h-19h45, dimanche et jours fériés 12h-18h45. Catalogue publié par Lund Humphries.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°45 du 10 octobre 1997, avec le titre suivant : James Ensor l’Anglophile

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