Lundi 16 septembre 2019

Paris 1er

Immersion dans la laque

Musée des arts décoratifs - Jusqu’au 8 juin 2014

Par Virginie Duchesne · L'ŒIL

Le 20 mars 2014 - 346 mots

L’engouement européen pour l’exotisme extrême-oriental atteint son apogée au XVIIIe siècle. La laque venue de Chine et du Japon y tient une place de choix.

Les meubles et objets d’Extrême-Orient, convoités par une clientèle aristocratique, connurent un vif succès et diffusèrent la mode de ce vernis, aussi esthétique que protecteur. Faubourg Saint-Denis, quelques artisans avisés, autrefois ébénistes ou peintres, cherchèrent à l’imiter, comme ces quatre frères qui inventèrent une technique si renommée qu’ils y attachèrent pour toujours leur nom : le vernis Martin. Cette appellation, qui désigne moins une recette spécifique qu’un abus de langage, apparaît dès le XVIIIe siècle : « vernis de Martin », « vernis par Martin », puis finalement « vernis Martin », comme l’écrit Leopold Mozart, le père du génie musicien, dans sa correspondance.

L’exposition présente un très bel ensemble d’objets ainsi vernis, de la tabatière en papier mâché au carrosse, en passant par le clavecin et même quelques instruments scientifiques. Consacrée à la production française, elle en dévoile sa grande inventivité. « C’est ce qui caractérise les laques françaises », rappelle Anne Forray-Carlier, l’une des commissaires de l’exposition. Loin de s’en tenir à la simple imitation des laques orientales, les artisans parisiens ont fait preuve d’une grande créativité pour répondre aux goûts de leurs riches clients. Les décors reproduisent des scènes chinoises, mais également la marqueterie Boulle puis s’inspirent des scènes galantes de François Boucher. Y souffle aussi l’esprit rocaille. L’apparition de laques colorées permet d’accorder les meubles aux intérieurs comme le secrétaire en pente bleu de madame de Pompadour pour son château de Bellevue. L’objet laqué se pare de nacre, de lapis-lazuli et de plaques de porcelaine de Sèvres. Rapidement, la laque française se distingue ainsi de son modèle asiatique autant par son esthétique, que l’on découvre fort diversifiée, que par sa composition chimique. Au cœur du parcours, un reportage dans les coulisses du Centre de recherche et de restauration des musées de France dévoile les études scientifiques réalisées à l’occasion de l’exposition pour percer les secrets d’une recette jalousement gardés par les vernisseurs pendant près de trois siècles.

« Les secrets de la laque française : le vernis Martin »

Musée des arts décoratifs, 107, rue de Rivoli, Paris-1er
www.lesartsdecoratifs.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°667 du 1 avril 2014, avec le titre suivant : Immersion dans la laque

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