Hypothèses d’abstraction sans illusions

Par Manou Farine · L'ŒIL

Le 7 août 2007

Art concret, minimal, sériel ou néo-géo, Morellet, Mangold, Federle, Mosset, Nemours sont autant de figures, de stratégies et de moments de la peinture abstraite dans son versant « construit ». Le Frac Bretagne s’invite chez son homologue limousin et clarifie avec lui quelques hypothèses de lecture de ces recherches picturales.
Évacuant le premier moment historique, celui qui franchit le seuil de l’abstraction au début des années 1910, mais aussi son prolongement lyrique, subjectif ou informel développé au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’exposition retourne sur les lieux du géométrique. Il y est question d’aplats nets et délimités, de rythme, de sévérité formelle, de pure visibilité, de mise à plat de tout le  processus pictural, de géométrisation savante ou d’irréductibilité de la peinture.
De Sol LeWitt à John M. Armleder, en passant par François Morellet et Martin Barré, l’exposition témoigne de la porosité entre l’Amérique et le Vieux Continent. Si elle s’en tient à deux générations, elle rend surtout compte des multiples programmes de l’abstraction géométrique. À commencer par ceux de la génération qui œuvra dans les années 1980.
Largement représenté dans l’exposition, le bref courant d’obédience américaine néo-géo compta parmi ses représentants ou épigones Mosset, Federle, Armleder et David Diao. Une génération qui admit la fin des utopies sous-tendant l’abstraction mais y retourna forte d’une histoire héroïque qu’il restait alors encore à critiquer ou à actualiser.

« Au-delà de la géométrie (art construit, minimal, sériel) », Frac Limousin, 2, impasse des Charentes, Limoges (87), tél. 05 55 77 08 98, jusqu’au 11 février.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°587 du 1 janvier 2007, avec le titre suivant : Hypothèses d’abstraction sans illusions

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