Mardi 18 décembre 2018

Hommage à la galerie Liliane et Michel Durand-Dessert

Par Anouchka Roggeman · L'ŒIL

Le 1 septembre 2004 - 462 mots

Voici une exposition bien originale. Plutôt que de mettre en valeur un artiste, un courant artistique ou un pays, l’exposition rend hommage à une galerie parisienne et à ses fondateurs : Liliane et Michel Durand-Dessert. Après trente ans d’activité, ces deux grands marchands viennent de fermer la porte de la galerie à leur nom. Un nom que tous les professionnels d’art connaissent bien. Pour l’occasion, tous les espaces temporaires du musée (2 000 m2) sont envahis par cent quarante et une œuvres qui ont appartenu ou appartiennent encore au couple de galeristes. « C’est la plus grande exposition qu’il y ait jamais eue au musée de Grenoble depuis son ouverture », souligne Guy Tosatto, directeur du musée. Touché par l’histoire de ces deux pionniers de l’art contemporain dont il a beaucoup appris, M. Tosatto a souhaité leur rendre hommage en exposant une grande partie de leur collection. « Souvent, en France, les institutions ne rendent pas assez compte du travail exemplaire que les galeries font. Ce qui m’a marqué dans la passion de Liliane et Michel Durand-Dessert, c’est qu’elle les a amenés au-delà du métier de marchands d’art, ils ont eu un vrai rôle de diffusion de l’art contemporain en France. » Illustrant l’éclectisme du goût des galeristes et leur ouverture sur l’international dès les années 1970, l’exposition comprend les œuvres de nombreux artistes européens. À commencer par les tenants de l’Arte Povera que le couple a introduit en France. Parmi eux, Anselmo, Fabro (à voir, sa sculpture Edera de 1969 qui allie de façon très harmonieuse le plomb, le verre et le lierre), Penone et Pistoletto. Du côté des Allemands et des Belges, Richter, Beuys et Broodthaers sont quelques-uns des grands artistes que le couple a soutenus. Il faut s’arrêter un instant devant la Grand-Mère (1964) de Broodthaers – en coquilles d’œufs, moules, plastique, plâtre et bois – pour comprendre l’humour et l’audace de ces artistes. Parmi les artistes anglais, Charlton, Flanagan et Tremlett sont présentés. Enfin, Parmentier, Morellet et Garouste (Le Manipulateur, 1981), artistes français, sont d’autres talents que les galeristes parisiens surent encourager tout au long de leur carrière. Un peu plus loin, dans un autre espace, c’est l’art primitif qui est cette fois à l’honneur. La collection de soixante-seize pièces d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie qui appartient au couple illustre un autre aspect de leur personnalité. « L’histoire d’une galerie fait partie de l’histoire de l’art d’un pays », conclut le directeur. « C’est un pan de l’histoire qui s’achève ». Et en beauté !

GRENOBLE (38), « L’art au futur antérieur. Liliane et Michel Durand-Dessert, l’engagement d’une galerie 1975-2004 », « L’art au futur antérieur. Liliane et Michel Durand-Dessert, un autre regard », musée de Grenoble, 5 place de Lavalette, tél. 04 76 63 44 44, 10 juillet-4 octobre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°561 du 1 septembre 2004, avec le titre suivant : Hommage à la galerie Liliane et Michel Durand-Dessert

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